Le digging originel, c'était de partir en quête de la perle rare chez un disquaire à l'autre bout de la ville. La version 2.0, c'était plutôt rester enfermé chez soi, planté trois jours durant devant Discogs, à tenter d'exhumer LE son que tout le monde avait depuis longtemps oublié. À l'heure où le plaisir d'entrer physiquement en contact avec un vinyle revient à la mode, SoundGrabber a décidé marier les deux plaisirs et de lancer une troisième génération de digging, à la fois physique et numérique.

Soundgrabber Visuel

Kézako ? L'app, qui sortira sur Android et iOs le 7 avril prochain, proposera aux diggers du web de renouer avec l'extérieur et aux amateurs de promenades citadines de s'initier aux joies de la découverte musicale. Véritable réseau social pour mélomanes aguerris, chacun pourra découvrir les musiques écoutées par les utilisateurs à proximité, et aura même la possibilité de chatter avec eux. (À quand le match ?) En outre, de nombreux sons géolocalisés aux quatre coins de la ville, soigneusement sélectionnés par divers artistes et professionnels de la musique, se débloqueront au gré des déplacements de l'utilisateur à travers l'espace urbain. Des noms connus tels Cracki Records, Weather Festival, La Chinerie, ou Rex Club circulent déjà comme partenaires et acteurs de l'application. Imaginez : un dimanche, votre artiste préféré annonce avoir déposé une playlist inédite, écoutable uniquement si vous disposez d'une vue imprenable sur Paris. De quoi donner une furieuse envie de se balader, non ?

Une application 100% gratuite

À l'origine de ce réseau social et urbain du digging, Kim et Harry, deux amoureux du son qui se sont rencontrés au sein de l'association de musique de l'ESSEC Business School. “On a organisé plusieurs événements, et on a direct eu envie de travailler ensemble”, raconte Kim, jointe par téléphone. D'un point de vue technique, l'application fonctionnera de concert avec les principales plateformes de streaming, à savoir SoundCloud, Spotify et Deezer. “La prochaine étape, c'est de développer un partenariat avec YouTube, car les artistes utilisent principalement cette plateforme”, explique Kim, précisant que l'approche d'Apple Music est aussi dans la to do list.

“L'app sera 100% gratuite”, assure la co-fondatrice de SoundGrabber : “Tout sera basé sur les partenariats, et sur une stratégie de B to B. Si le nombre d'utilisateurs devient trop important, nous étudierons la possibilité de monétiser certaines fonctionnalités, histoire de rentrer dans nos frais.” Le concept n'est pour l'instant développé qu'à Paris, “puisque c'est là-bas qu'il y a le plus d'opportunités au niveau musical”, analyse-t-elle encore. Avec Harry, ils espèrent attirer 300.000 diggers invétérés d'ici la fin de 2016, avant de se lancer à la conquête de Berlin et Londres dès l'année prochaine.