Photo en Une : DR

La Bundesverband Musikindustrie (BVMI, association fédérale des professionnels de la musique) a annoncé ses chiffres pour le marché du disque allemand en 2015 : on note une augmentation du chiffre d’affaire de 4,6% au lieu des 3,9% attendus. Cette progression pour le moins inattendue s’explique par le chiffre d’affaire du streaming, qui grimpe de jour en jour. Des plateformes telles que Deezer, Spotify ou Apple Music se sont en effet développées, et le nombre d’abonnements à ces services a augmenté de manière considérable (+106% en 2015). Ce nouveau modèle d’écoute en ligne représente désormais 14,4% des ventes totales, soit légèrement moins que le téléchargement (15,6%).

Mais en Allemagne – qui reste à la troisième place du marché mondial derrière les États-Unis et le Japon –, le format le plus rentable reste incontestablement le CD : malgré une baisse de 4,2%, les albums représentent encore 60,8% du total des ventes contre 3,2% pour le format vinyle et 4% pour le DVD et Blu-Ray. 

Qu’en est-il en France ? 

Les ventes générales de musique enregistrent toujours de nouvelles baisses (-4,7% en 2015). Depuis le début de la crise en 2002, le marché du disque a perdu presque 65% de sa valeur : 426 millions d’euros aujourd’hui contre 1,3 milliard il y a 15 ans. En fait, rien de nouveau.

En France aussi, le streaming musical se démocratise et connaît des revenus à la hausse : + 45% par rapport à 2014 selon le SNEP. La France a du retard sur son voisin allemand, mais compte tout de même aujourd’hui 3 millions d’abonnés, dont un million gagnés en un an. En 2015, le chiffre d’affaire du streaming dépassait, pour la première fois, la barre des 100 millions d’euros, soit encore quinze fois moins qu’outre-Rhin, mais cinq fois plus qu’il y a cinq ans. Aujourd’hui, 71% des revenus du streaming proviennent des abonnés, et seulement 29% viennent de modèles gratuits (financés dans ce cas par la publicité) : on note maintenant 3 millions d’abonnés à ce modèle d’écoute en ligne, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. L’arrivée de nouveaux artistes mondialement reconnus comme Led Zeppelin, AC/DC, ou les Beatles sur ces plateformes aurait largement contribué à l’expansion de cette industrie.

En revanche, le marché du disque continue donc sa descente aux enfers. Les recettes générées par les CDs, DVDs et vinyles représentent encore deux tiers du marché, mais ces ventes physiques sont en chute libre (-15,9% en 2015). Selon le SNEP (le syndicat national de l’édition phonographique), cette baisse conséquente serait due aux attentats du 13 novembre : la période des fêtes, qui représente normalement la majorité des ventes sur l’année, a été délaissée par le public français. Malgré le développement du streaming musical, considéré comme l’avenir du secteur, les chiffres sont en perpétuelle baisse depuis maintenant quinze ans, contrairement à l’Allemagne qui, à l’aide du streaming, connaît une surprenante progression.

Sources : Irma, SNEP