Photo en Une : Ideal Corpus / ©Issam Harris Photography

Début 2011, largement diffusé par sa plus célèbre figure MIA, le seapunk inondait le Web de montages visuels volontairement cheap faits de dauphins, de pyramides 3D et d’objets psychédéliques qui pouvaient provoquer la cataracte de Mamie Raymonde. Une esthétique sortie de la cuisse d’Internet qui trouvait son pendant musical dans la vaporwave, sous-genre 2.0 mort-né qui revêtait un voile vaporeux aux couleurs fades sur des synthétiseurs 90's (ou ses VST), des samples de chansons japonaises passés dans une immense reverb sous un tempo flemmard.

vaporwave

Esthétiquement, la vaporwave avait aussi ses propres codes à l’intérieur même du seapunk : en simple, tout ce qui touche de près ou de loin aux inventions technologiques des années 90 (magnétoscopes, ordinateurs...) et, allez savoir pourquoi, des statues de marbre de l'Antiquité. Ses artistes majeurs se nommaient alors Oneohtrix Point Never (qui sortait son album Replica), James Ferraro et surtout Macintosh Plus et son parfait Floral Shoppe. Aujourd’hui, après un temps où ces sous-cultures du Net Art s’étaient un peu fait oublier, un son et un visuel nouveaux semblent remonter du Deep Web : l’Internet Wave.

bogoss-lacoste
Capture d'écran du SoundCloud de bogoss-lacoste (aka Ideal Corpus)

Les codes sont sensiblement les mêmes, (les emojis en plus) mais la génération change, les artistes changent et leurs influences – qui sont l’essence même de leur son – aussi. Musicalement, ce genre intelligemment con et encore en version beta, confond tout : electronica, ambient, techno, bass music, garage, post-punk, footwork, witch house… mais le hip-hop et le r’n’b restent pour le moment les sonorités les plus répandues. Aux Etats-Unis, ils s’appellent Vektroid, Magic Fades ou Ryan Hemsworth ; en Angleterre ce sont PC Music ou Night Slugs. En France, une scène est rapidement en train de prendre son indépendance vis-à-vis de ses parrains, qui n’ont jamais réellement revendiqué le fait d’en être (globalement, tous ceux qui gravitent autour de Sound Pellegrino, Bromance, Resources ou la scène queer parisienne).

Aussi vite qu’une mode née sur le Web peut aller, ce microcosme d’ados en Sergio Tacchini dicte via SoundCloud les nouvelles règles esthétiques et musicales de 2016 en foutant le souk dans la tête de ceux qui tentent de définir ce qui est mainstream et ce qui ne l’est pas. Question légitime, comment qualifier un son d’underground quand certains des artistes de cette scène utilisent des samples de Francis Cabrel ou Justin Bieber, le générique de la série Sous le soleil ou des vocals de tubes reggaeton d’Amérique latine ? Grossièrement, rajoutez des nappes de plugins craqués sur le Net, beaucoup, beaucoup d’autotune, une créativité infinie, une profonde mélancolie ou, selon Marie-Lou Morin qui consacrait un très bon papier sur le sujet dans Libération, "une pensée désenchantée en rupture avec l’industrie du disque, et dont les artistes refusent la plupart du temps les manageurs ou les tourneurs pour se produire exclusivement eux-mêmes", façon PNL. Terminez par un amour sur-assumé de la pop-culture avec laquelle ont grandi ces grands enfants, et vous obtenez le bug sublime, le paradoxe binaire : l’Internet Wave de Oklou (et son crew féminin TGAF), detente, Cimer, Aprile, Le Vasco, Ninja Sword ou encore bogoss-lacoste (du duo Ideal Corpus). 

Mais leur réunion dans cette scène n'est pas uniquement dû à certains codes musicaux Internet qu'ils ont en commun – une explication qui serait finalement trop faiblarde de par l'extrême diversité de leurs influences, insufflées du Web. C'est surtout l'état d'esprit et la manière dont cette musique est produite qui les relie entre eux : "Sans aucune frontière et pourtant tournée vers l’intime… Ce mouvement a émergé dans des chambres d’ados qui ont découvert le monde à travers le Web, et la musique grâce à des logiciels bon marché. Ces digital natives sont nés avec l’explosion de la pop culture, de la télé-réalité, de la célébrité éphémère. Et font fi de l’élitisme dont se sont targuées les générations précédentes", avance encore Marie-Lou Morin.

Illustration Alpha & Panteros / LibérationIllustration © Alpha & Panteros pour Libération

Enfin, au delà de l'esthétique et de ses sonorités, l'Internet Wave est surtout une façon de s'exprimer pour toute une génération : "Ça provient d’une volonté d’aller à contre-courant, de jouer avec les standards universels de beauté. Les gens ont toujours l’impression que l’esthétique Internet, c’est un dauphin ou une licorne, alors qu’aujourd’hui c’est devenu un langage à part entière. C’est un courant porteur d’espoir, qui explore les nouvelles technologies et les frontières du beau avec un mouvement de balancier permanent entre le réel et le virtuel", confie Panteros666 à Libération.

Présentation de treize artistes qui font bouger les choses dans ce nouveau game virtuel.


Le Vasco - Easy Online (Music Video)

13 artistes de la scène française Internet Wave

#1 Aprile

Aprile

D'abord DJ puis organisateur de soirées parisiennes plutôt "weird-lo-fi-pop" (souvenez-vous de deBonton), Maxime commence à s'intéresser à la scène Internet (et tout ce qui en découle) dès le début des années 2010, pendant deux ans de résidence au Social Club. En 2014, après une rencontre avec les filles de Stock71, il monte avec Camille Bodinier le label Permalnk et les soirées Bye Bye Ocean, quelques-uns des plus solides acteurs de cette scène en France (plus d'infos sur Trax).

5 influences : Oneothrix Point Never, James Ferraro, Hype Williams (Dean Blunt + Inga Copland), Opal Tapes, Fade To Mind / Night Slugs

L'esprit : "J’aime la noirceur, les sonorités/rythmiques saturées, les ambiances cinématographiques, la musique qui raconte quelque chose, qui te plonge dans une atmosphère particulière. Le bruit en tant que tel m’intéresse peu s’il n’a pas une certaine composante mélodique."

#2 Lëster

Lëster

C’est le genre de garçon à faire une cover organique de "Moi, Lolita", version Alizée sous l’océan, ou d’Avril Lavigne grillée aux néons eurodance. À 22 ans, Lëster est passé par une école d’art où il a essentiellement travaillé sur l’image numérique et suit aujourd’hui une formation professionnelle en musiques actuelles dans une école parisienne. Proche de la scène queer, il est co-organisateur des soirées fardées Coucou !, où il mixe pop mainstream et musique concrète.

5 influences : Pierre Henry, Siouxsie and the Banshees, Matthew Barney, Grimes, Marilyn Manson

L’esprit : "Définir mon son est compliqué. Je suis très éclectique et j’aime bien expérimenter, mais pour vulgariser je dirais "electronica". Ma philosophie musicale et mon esthétique, c’est juste de faire ce que je veux, je ne me mets aucune barrière. Si j’ai envie d’être emo, je serai emo."

#3 Ninja Sword

Ninja Sword

Fils spirituel de Oneohtrix Point Never, cet étudiant de 22 ans originaire de Lyon commence la MAO par curiosité et développe un son plus extrême que les autres, magistralement chaotique, ultra rythmé et aux samples massivement distordus, qu'il diffuse (toujours en téléchargement gratuit) sur SoundCloud, sa plateforme fétiche : "Pouvoir contourner la barrière physique favorise réellement l'émergence des scènes alternatives." 

5 influences : Nguzunguzu, Fade To Mind / Night Slugs, Total Freedom, Janus, NON Records

L'esprit : "Je n'essaye pas de me figer dans un genre en particulier mais j'aime l'idée d'allier la "corporalité" de la musique club à des délires expérimentaux et personnels, ça donne quelque chose de vivant."

#4 Cimer

Cimer

Blaze osé, visuels à base de faucon, de vieux PC et d'objets japonais en 3D, Cimer représente la scène Internet par son pan hip-hop ou trap (et rap français, avec son crew POSA dans lequel il produit des beats). Extrêmement prolifique sur SoundCloud, ce garçon de 23 ans basé à Saint-Étienne compte déjà deux excellents EPs au compteurs et une interview sur Trax à suivre très prochainement.

5 influences : Jimi Hendrix, Daft Punk, Ed Banger, Pelican Fly, Otman aka POSA ("celui avec qui j’ai découvert l’amour du rap français et qui m’a fait adorer le beatmaking autant que la production de son plus club, malheureusement décédé en 2011").

L'esprit : "Ce que je fais, c’est de la musique contemporaine influencée par ce que j’aime."

#5 detente

detente

Proche du crew TGAF et d'Aprile (Permalnk, Bye Bye Ocean), detente est sans aucun doute l'artiste le plus dévoué à cette scène. Survêtement Google, casquette Lacoste et reprises de R. Kelly et Blink 182, Florian soigne la forme sans délaisser le son : "J'oscille entre un son mélancolique, vaporeux de chambre et quelque chose de plus physique ou plus club". Et dire que tout a commencé par un CD de Prodigy à l'âge de 8 ans...

5 influences : Ma clique, Debussy, Ages of Kings OST, Turbo de TTC, Internet

L'esprit : "'Hybrid Social Media Music', c'est une manière de rester open et de ne pas se réduire à un 'style'. C'est aussi faire un clin d'œil à l'omniprésence d'internet dans mon univers musical et social, même si ce n'est pas l'essence de ma musique."

#6 Sunareht

Sunareht

Ce jeune Parisien empile déjà les indices d'un parcours pro : disciple de Teki Latex, Sunareht a déjà signé un set sur Overdrive Infinity, des passages sur Rinse FR et des participations aux compiles de Ressources et Classical Trax. Pourtant, il reste un artiste assez confidentiel qui découvrait, comme beaucoup d'entre eux, la production de musique électronique par un mec de sa terminale : "Ce qui me paraissait un peu magique et très complexe est vite devenu passionnant et super addictif. Je n'ai jamais arrêté depuis."

5 influences : La scène "Social Club" d'environ 2009-2012 (DJ Mehdi, Brodinski, Youngunz, Marble, les débuts de Club Cheval ou ClekClekBoom...) ; la grande majorité des mouvances club anglaises des 15 dernières années ; Sound Pellegrino ; Aphex Twin ; un classique mais la musique qui passait chez moi quand j'étais gamin (Art Of Noise, la BO de Blade Runner, Massive Attack...).

L'esprit : "Tout ce qui va à l'encontre du trop droit, trop propre, limite chirurgical qu'on retrouve partout aujourd'hui, que ça soit en musique, en design ou en art en général. J'aime être surpris."

#7 Endlos Kosmos

Endlos Kosmos

Pur produit 100% connecté du métissage provenço-breton, en exil à Lyon depuis une dizaine d’années, Macha commence la musique en mode "Mimi Cracra", seule dans sa chambre, et n'en est finalement jamais ressortie (et semble être très heureuse comme ça). Musicalement, le futur n'a jamais été aussi proche.

5 influences : Happy Trendy, Gerhard Richter, Jacques Rigaud, regarder le plafond, la famille. QLF.

L'esprit : "Ma mère me dit souvent : "C’est un petit peu répétitif". J’aime le comique de répétition, ma musique est forcément très expérimentale car je ne sais jamais vraiment à quoi ressemblera le produit fini."

#8 Ideal Corpus

Ideal Corpus

Pour simplifier, on vous copie-colle leurs réponses et vous conseille d'aller jeter un œil à leur description Facebook, tout sera beaucoup plus clair ensuite :

Assétou : Je suis un être de lumière à tendance racaille limite sexy. Je suis originaire du Mali, j'ai grandi à Paris et je vis à Marseille. Je suis ciel aka douceur aka sexy chocolat rare. Toujours au bendo avec Ideal Corpus. J'ai commencé à rapper au collège dans ma ZI. Le samedi soir, j'écoutais la Skyrave et je m'amusais à poser sur de la techno. Au lycée, je freestylais avec Sexion d'Assaut après les cours… C'était le début de la inf _へ__(‾◡◝ )>

Alex : La vérité, j'm'appelle Alex, j'habite Marseille, je suis Fructi aka Yung Soft aka bogoss-lacoste aka Marseille City Game et je fais partie du duo Ideal Corpus.
Tout a commencé quand j'ai découvert le kuduro et la grime en 2007-2008. C'est un son qui m'a transpercé le cerveau. Depuis, j'en suis pas redescendu.

5 influences :

Assétou : l'énergie, la terre, le ciel ; le 360° twerk, Nietzsche, Young Thug, le foot et les roues arrières

Alex : la nature, l'Afrique, l'album Boy In Da Corner de Dizzee Rascal, Twilight, Marseille

L'esprit :

Assétou : Je moula, je mélange. Mon son est plus une énergie fluide qu'un style figé. Mon esthétique est la lumière intérieure. En août 2015, j'ai inventé la "sincerewave" : la vie c'est bourbier, j'affronte le racisme, la misogynie, le vol d'idées, le rejet, la jalousie au quotidien. À partir de là, je traduis et transforme ce que je vis IRL en musique. La "sincerewave", c'est être vrai avec soi-même quoi qu'il advienne. Charbonner, même dans les conditions les plus hardcore, pour dépasser les nuages et vivre sa vie en i tous les jours jusqu'à faire frotter la bavette ! Comme on dit au Mali : Here doron.

Alex : Moi, j'suis parfois énervé, parfois oklm. J'aime la force brute de la grime et la douceur du r'n'b. Je fais crier les gens quand je rap et je les fais pleurer quand je chante. Mon truc, c'est un del post-caillera, post-emo : je le définis comme "heartcore", un mot qui combine un peu les deux, c'est-a-dire que je fais sortir le son du sang de la veine de l’artère de mon cœur. Parfois ça éclabousse, parfois ça s'écoule comme une rivière.

#9 Dviance

Dviance

Il a gardé de son amour pour le nu-metal, la brutalité des riffs, aujourd’hui remplacés par des beats qu’il aime mixer à des voix gonflées à l’hélium. Le son de Dviance, Lyonnais de 18 ans, a quelque chose d’absolument radical qu’on pourrait retrouver dans un manga de yakuzas. Ceux qui n’y vont pas avec le dos de la cuillère, et qui ne s’encombrent pas de la case "doigt coupé". Âme sensible s’abstenir.

5 influences : Le nu-metal donc (avec Deftones, System of a Down, Slipknot ou Linkin Park), Arca (pour son caractère sensuel, organique et son expressivité), Burial (pour ses beats glacials), les films d’animation japonais, Elysia Crampton.

L’esprit : "Je ne saurais pas définir clairement ma musique et je ne le souhaite pas. Je cherche simplement à exprimer ce que je suis, ce que je vis, ce que je perçois, sans contraintes et en toute sincérité. Je puise mon inspiration dans toutes les musiques qui résonnent en moi."

#10 TGAF (OK Lou, Carin Kelly, Malibu, DJ Ouai, Miley Serious)

TGAF

Bien sûr, c’est une bande de filles qui traînent ensemble. Mais l’idée de leur crew est née d’un quiproquo, lorsque OK Lou a été invitée par la web radio parisienne Piiaf. Ce jour-là, ces girls étaient on fiyah. TGAF, c’est donc Carin Kelly, Malibu, DJ Ouai, Miley Serious et OK Lou. Celles dont The Fader disent qu’elles sont immanquables et que l’on peut écouter sur Piiaf une fois par moi. Clairement, elles sont au cœur du mouvement, repoussant sans cesse les limites du mélange des genres avec beaucoup de délicatesse.

5 influences : Internet, Debussy, Britney Spears, Steve Rachmad, Jonathan Livingston

L’esprit :

Carin Kelly : "Je fais partie de la génération TV. Les premiers titres que j’ai pu entendre de façon consentie, c’était ceux des clips tv. Je pense que c’est pour ça que j’ai toujours associé la musique aux images."

Malibu : "Trois mots : elusivo-post-angelica"

DJ Ouai : "Ce qui m’inspire, c’est la musique hybride, les trucs très sharp et jackhammer d’un côté mais aussi dreamy, ambient et mélodique d’un autre."

Miley Serious : "J’ai toujours défini le truc en mode “Internet music for real life” car j’étais ravie de jouer en club des choses que je n’avais pas sous forme physique."

Ok Lou : "Je n’arrive jamais à répondre à ce genre de question."

#11 Jardin

Jardin / ©Olivia Aine
Jardin / ©Olivia Aine

C’est une sorte de grand frère, qui regarde du coin de l’œil ceux qui osent mélanger r’n’b et musique de méditation. Sa musique (récemment sortie sur Le Turc Mécanique) a les bases d’une techno brutale diluée dans un mélange difficile à catégoriser, mais d’assurément punk. Ce garçon, qui se débat avec les contradictions d’un monde qui laisse croire que tout est encore possible, aime se noyer dans un univers visuel alliant typo kitsch – rappelant les premières heures de ClipArt (un truc que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) – et créatures néo-gabbers. 

5 influences : Le post-structuralisme, Cyborg Manifesto de Donna Haraway, Gambling God & LSD de Peter Mettler, Sun Ra, Mark Leckey

L’esprit : "Punk et rave. Je fais de la musique technologique plutôt déchue et triste. Chanter, c’est ma manière d’habiter une société technologique de plus en plus désincarnée, c’est politique. Pour moi, c’est un long voyage durant lequel je ne fais que mélanger les choses entre elles, ma vie, mes écoutes, mes expériences artistiques et, parfois, j’enregistre comme pour marquer une étape."

#12 Le Vasco

Le Vasco

Est-ce que leur nom est inspiré de l’appli de photo Vsco ? En tout cas, les jeunes gens de Le Vasco partagent bien le même amour pour l’image bien faite. Même si, bien sûr, avec l’Internet Wave, la notion de beauté est toute relative, jusqu’à sublimer quelque chose qu’on aurait trouvé de prime abord repoussant. Le Vasco aime travailler avec le collectif Polybius Studio pour créer les clips de leurs morceaux illuminés : un mélange de r’n’b mélancolique à tendance footwork transcendés par du glitch art.

5 influences : Marc Baron, Oneohtrix Point Never, 4th Dimension, James Blake, Wally Badarou.

L’esprit : "On cherche à écrire des chansons qui nous surprennent nous-mêmes en premier lieu, en s’interrogeant beaucoup sur les rôles et places de chaque élément musical autant que sur le potentiel 'kif'. On ne s’interdit rien. En ce moment, ça se traduit par l’alliance de beaux accords, d’ambiances parfois assez blues, de recherche sur le traitement de la voix et des sonorités très numériques."

#13 Ta-Ha

On pourrait dire qu’elle est la chef de file de ce mouvement français. Mais un peu comme la Princesse Peach, la chère et tendre de Mario, Ta-Ha regarde toute cette effervescence depuis son royaume, au Japon. Il y a quelque temps, elle a quitté les tours fanées de Bondy pour celles flambantes de Tokyo. Après avoir collaboré avec le beatmaker Myth Syzer et NxxxxS, elle prépare ses prochains disques...et refuse toute presse pour le moment. Il y a quelques semaines pourtant, elle entrait dans le top 10 des artistes à suivre par le magazine anglais Dazed & Confused.

L’esprit : Calligraphie arabe sur paysages japonais avec un fond de culture hip-hop bien ancrée. Ta-Ha signe des morceaux extrêmement bien produits, loin de l’amateurisme défendu par certains.