On y est presque. SoundCloud n'est plus qu'à une encâblure de l'abonnement payant pour tous ses utilisateurs. En marge de l'accord signé récemment entre la firme suédoise de streaming et Sony, et des nombreuses rumeurs courant sur le lancement imminent d'un tel projet de monétisation intégral de la plateforme, les langues se délient. Nous en apprenons davantage sur les formes que prendrait cette transition, bien que celle-ci demeure encore hypothétique, SoundCloud ayant pour le moment choisi de ne pas s'exprimer sur le sujet.

Selon certaines sources proches du dossier, SoundCloud laissera aux majors le soin de choisir les morceaux rendus accessibles gratuitement sur la plateforme. Un levier de contrôle voulu par les labels et que Spotify n'avait de son côté pas accepté. En janvier, Le PDG d'Universal Music, Lucian Grainge, avait d'ailleurs commenté par ces mots : “L'accord avec SoundCloud nous donne l'opportunité, avec nos artistes, d'avoir la flexibilité en ce qui concerne la façon dont nous mettons la musique à la disposition des internautes”, rapporte Billboard.

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Pour compenser le formatage croissant de sa musique, la plateforme de streaming aux près de 200 millions d'utilisateurs (les chiffres divergent d'une source à l'autre) devrait autoriser la mise en ligne d'un certain nombre de sets et de remix produits par les internautes. Cette stratégie autour du mix et du remix est primordiale, car ce sont deux outils souvent considérés par les artistes comme le cœur de la promesse de SoundCloud de faire de sa plateforme un lieu d'échanges au sein d'une communauté autonome et non formatée par l'industrie du disque.

À ce titre, SoundCloud prévoit l'utilisation de nouveaux contrats et technologies propriétaires afin de déterminer précisément quels samples ont été utilisés et donc quels ayants-droit doivent être rémunérés, marchant ainsi dans les pas de son concurrent Apple Music. Enfin, labels et éditeurs devraient conserver le dernier mot sur le maintien ou non d'un contenu impliquant leur droit d'auteur.

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Mais une interrogation demeure : “Le monde a-t-il besoin d'un autre service de streaming ?” Posée en ces termes par Russ Crupnick, directeur associé de MusicWatch (une entreprise de conseil dédiée à l'analyse de l'industrie musicale), la question n'apporte pas de réponse évidente, au vu de l'offre déjà existante sur le marché. Et bien que SoundCloud dispose d'une manne impressionnante d'utilisateurs, combien de cette jeune génération paiera pour un service qu'ils ont jusqu'à maintenant utilisé gratuitement ? Pourtant, en arrivant à convertir seulement 5% de son auditoire, SoundCloud pourrait jouir d'une base solide d'une dizaine de millions d'abonnés. Tout repose sur ce pari fragile : s'abonnera, ne s'abonnera pas ?

Au sein des majors, des sources relayées par Billboard estiment que la monétisation appliquée aux mix et remix permettra dans un premier temps à Soundcloud de rentrer dans ses frais, et de maintenir cette atmosphère qui a rendu si populaire la plateforme orange aux yeux des mélomanes. Réponse dans les prochaines semaines.