Photo en Une : So Inagawa / ©DR

So Inagawa

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Comme de nombreux jeunes producteurs, So Inagawa s’est laissé embarquer dans l’électronique en écoutant les Chemical Brothers et la techno de Detroit, avant de suivre les influences de celui qu’il appelle son héros, Fumiya Tanaka. Aussi studieux qu’il est discret, So Inagawa sort un premier track confidentiel sur le label parisien Telegraph, “Cabaret”, en 2005, après avoir usé les platines des clubs de Nagoya où il a mené ses premières batailles. Cependant, il va rapidement comprendre, sous l’impulsion de son acolyte DJ Masda, qu’il vaut mieux ouvrir son propre label pour diffuser ses sons.

Ainsi, ils fondent logiquement Cabaret Recordings et So sort son premier hit deep house, Logo Queen, qui augure une longue liste de tracks renversants de sensibilité. Travailleur inconditionnel, So Inagawa se retrouve avec une infinité de pistes stockées sur son ordinateur et décide alors, en 2015, de presser son premier album au nom significatif, Integritithm, composé de deux vinyles dont la structure minimale et le groove sexy se révèlent être d’une étrange beauté.

DJ Nobu

DJ Nobu

Il est le DJ King de Tokyo et il déambule sur la scène underground japonaise depuis plusieurs années, sans jamais avoir perdu de sa ferveur créatrice. Tout commence à la fin des années 90, dans sa ville natale de Chiba, où il créé son propre label, Bitta, qui lui permettra de presser ses tracks et ceux de son pote Lori Asano. Avec assiduité, il écume les clubs japonais, modulant ses sets en fonction des soirées, une aptitude qui l’aidera à acquérir un style riche de variations, oscillant entre techno abstraite, textures punk et rythmiques housy.

Il délivre alors des sets remarquables dans les meilleurs clubs underground du Japon (Unit, Liquidroom) et en Europe (Berghain, Dekmantel, Robert Johnson, Concrete) qui bâtiront sa réputation de DJ et producteur d’avant-garde japonaise. Son fait d’armes : la création de Futur Terror, des soirées qui ont mué en un label respecté par la scène underground internationale.

Jun Akimoto (Fuse London)

Jun Akimoto

Originaire de Yokohama, Jun Akimoto était plus intéressé par le football que par la musique électronique, mais c’était sans compter sur la magie des Beastie Boys qu’il découvre à l'âge de 13 ans grâce à un ami. Dès lors, il débute une carrière de diggeur et accumule les disques de hip-hop et de jazz, avant de prendre un tournant électronique suite à un autre événement marquant : en 1999, il découvre Richie Hawtin lors d’un set à Tokyo. Ces deux références musicales mondiales feront de Jun Akimoto ce producteur de dub techno, membre inconditionnel du groupe londonien Fuse.

En effet, Jun a fait ses classes à Londres pour s’imprégner de l’atmosphère de clubs mythiques comme The End ou la Fabric et rencontrer des figures telles que Steve Bug chez Poker Flat et Michael Mayer chez Kompakt. Au même moment, il se lie d’amitié avec un autre japonais, Ittestu, qui lui apprendra des heures durant les rouages clés de la production. À deux, ils feront les belles heures des fêtes Fuse organisées chaque dimanche à Brick Lane. Aujourd’hui, Jun vit à Kyoto et se concentre essentiellement sur la production. Son but ? Passer musicien à temps plein, porté par les encouragements de plusieurs labels comme Fuse, Metroline et Flumo.

Kuniyuki Takahashi

Kuniyuki Takahashi

Concepteur sonore et producteur installé à Hokkaido, Kuniyuki Takahashi, aussi connu sous les alias Koss et Kuni, est l’un des secrets les mieux gardé du Japon. Depuis 1994, date à laquelle il commence sa carrière solo, Kuniyuki n’a cessé de produire des sons texturés qu’il distord à l’extrême. Arpentant les terres de l’expérimental, de la noise, de la deep house et du free jazz, ce producteur inspire les DJ's du monde entier, comme le Canadien Cosmo ou encore le New-Yorkais Joe Claussell.

Aussi prolifique que méticuleux, Kuniyuki Takahashi a déroulé une quantité d’EPs depuis les 90’s : il sort un mini-album, en 1997, sur Bassmental. Trois ans après, il participe au mythique Rainbow Festival comme membre du groupe d’Hosono Haruomi, qui n’est autre que Yellow Magic Orchestra, figure emblématique de la mouvance technopop. Au début des années 2000, il travaille en étroite collaboration avec le crew Soundofspeed et signe près d’une dizaine d’albums au groove intime sur le label tokyoïte Mule Musiq. À l’image de son track phare, “Precious Hall (Natural Ressource)”, la musique de Kuniyuki fait écho aux harmonies cosmiques.

Ryo Murakami

Ryo Murakami

Originaire d’Osaka, Ryo Murakami a connu ses premiers émois musicaux en écoutant A Tribe Called Quest, Group Home, ou encore Peanut Butter Wolf. Depuis, il s’inspire de tout ce qui l’entoure et imagine une minimale qui flirte avec les techniques du sound design. Repéré par Steve Bug, il sortira plusieurs tracks (“Lost it”, “Down The Sky”, “Just For This”,…) sur les labels Dessous et Poker Flat, qui lui permettront d’asseoir une solide réputation de producteur virtuose. Fort de son succès, il crée son label Pan dont les vinyles sont estampillés d’une trace de tasse de café et aide, à son tour, la scène émergente japonaise.

Son album Depth of Decay, sorti en 2013, marque un tournant dans sa carrière, plus dark, plus libre : “Durant les deux années qui ont précédé la sortie de cet album, j’avais l’impression de stagner. J’ai voulu aller encore plus loin dans mon approche abstraite de la musique et j’ai cassé la ligne rythmique du 4/4 pour sortir de l’aspect clubbing. Depth of Decay est un mélange d’electro japonaise et de sons ambiants enregistrés en live.” Après avoir électrisé la scène de l’Atonal Festival l’été dernier à Berlin, Ryo Murakami prévoit de revenir en Europe, dès septembre, avec un nouveau live.