Photo en Une : © Thomas Smith

 

Ce déclin est commun à plusieurs pays européens : en 2010, le marché des clubs anglais représentait 1,9 milliard d’euros ;  l’année dernière, il a été estimé à 1,5 milliard d’euros, selon l'ALMR (Association of Licensed Multiple Retailers). La Hollande a perdu, entre 2001 et 2011, 38 % de ses clubs, selon The Economist. Selon Le Parisien, qui citait une étude de la Sacem, la France comptait 4 000 discothèques sur son territoire dans les années 1980 ; en 2014, seules 2 200 y ont été répertoriées. À Berlin, bien que le nombre de bars soit resté stable, plusieurs anciennes adresses ont dû mettre la clé sous la porte, comme le Stattbad ou le King Size. L’explication est à chercher de plusieurs côtés.

L’essor des petites villes européennes pousse les clubs à s’émanciper des métropoles, dans lesquelles les loyers sont montés en flèche. La concentration urbaine, en constante augmentation, rapproche les bars de potentiels voisins, pas toujours (voire rarement) prêts à supporter les décibels et les fêtards éméchés que la présence d’un club implique. Eelko Anceaux, propriétaire du Marktkantine à Amsterdam, estime “qu’une seule plainte du voisinage suffit à déclencher toute une démarche avec la ville”. L’augmentation de la population urbaine aurait également durci la politique locale, et la licence devient de plus en plus difficile à obtenir. D'autres structures semblent s'accaparer la population nocturne : les late-night bars et autres pubs, que le changement de législation autorise à fermer plus tard.

Serait-on devenus plus sages ?

En Europe — notamment en Allemagne, Angleterre, Danemark et Espagne —, l’usage de MDMA et d’ecstasy a chuté chez les 15-34 ans, la consommation de drogues s’étant étendue au-delà des soirées (selon l'European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction); de même que la consommation d’alcool. Entre 2005 et 2013, le nombre de “buveurs fréquents” est passé de 7% à 2%, le prix des boissons en club y étant sûrement pour quelque chose.

Aussi, il semble que les festivals aient remplacé les boîtes de nuit. En 2014, environ 130 festivals ont eu lieu rien qu’à Amsterdam. En Angleterre, 250 festivals sont organisés chaque année. “Les gens préfèrent économiser pour aller à deux gros festivals dans l’année, plutôt que d’aller en club tous les mois”, estime Iason Chronis, DJ. L’audience des festivals facilite la venue de grands noms, rendant donc la tâche toujours plus difficile aux petites structures.

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Quelques villes tentent cependant de retourner la situation. À Amsterdam ou Londres, un statut de “night mayor” (maire de nuit) a été mis en place pour faire le lien entre les politiques locaux et les clubs. En Allemagne, la Clubcommission Berlin s’attache à représenter la voix des clubs de Berlin auprès du gouvernement. Ces “rebels in suit” émergent dans plusieurs pays et s’affairent à apaiser les relations entre le gouvernement, le voisinage et les clubs, dans l’espoir d’inverser la tendance. 

Source : The Economist