Imaginez être condamné à supporter 10 heures de basses provenant directement de votre intestin. Vous n'y avez jamais pensé ? Nous non plus. Jan Strmiska, un journaliste et artiste tchèque – "autodidacte et explorateur kamikaze" – lui y a pensé. Et il s'est même amusé à développer ce dispositif. 

Avec ses huit grammes et 35 mm de long, l'Audiopill est dotée d'un système qui envoie des basses dans tout votre corps directement depuis vos intestins.

"Avalez-la et puis pendant dix heures – BANG – le sentiment à l'intéreur de votre estomac – BANG BANG – euphorie – BANG BANG – horreur et exaltation – BANG BANG BANG ecstasy et douleur – BANG BANG BANG BANG ..." Tel est le slogan de la campagne de financement lancée par Jan Strmiska sur Indiegogo.

L'Audiopill se compose d'une première partie, le BodyBass qui vibre au rythme des battements de la basse. L'UltraTreble, la deuxième partie – inspirée de Sirio, une thérapie médicale par ultrasons – retranscrit la musique par des ultrasons à basse fréquence. Ainsi, l'utilisateur a non seulement la sensation des basses, mais il vit aussi une véritable expérience acoustique intérieure.

"Les coups portés en vous induisent un sentiment unique d'agitation, de stupeur et de joie. Il peut vous pomper jusqu'à la folie", explique l'inventeur. Le souci : une fois la pilule avalée, vous ne pourrez plus revenir sur votre décision.

L'Audiopill propose un choix de différents BPM, correspondant chacun à un morceau particulier, qui se répètera en boucle pendant 10 heures, sachez-le. Trois morceaux pour trois BPM : "No Pussy Blues" de Grinderman (95 BPM), "I Fink U Freeky" de Die Antwoord (130 BPM) et "Bad Girls" de MIA (143 BPM).

Tout cela est très drôle mais sur le plan de la santé, Jan Strmiska fait moins rire. S'il peut assurer que l'expérience sera riche en sensations, il ne garantit pas votre survie : "Tout est aux risques et périls de l'utilisateur". Comme il le précise dans sa campagne, plusieurs experts se seraient opposés au développement de l'Audiopill, allant jusqu'à lui conseiller de "ne jamais avaler une telle chose".

Les matériaux d'enrobage, sur lesquels Jan Strmiska ne partage aucune information, pourraient être en cause. Pas de quoi décourager le journaliste tchèque reconverti, qui est allé au bout de son idée, et a conçu à la main son prototype Audiopill. Il décline toutefois "toute responsabilité en cas de problèmes de santé". Il conseille également aux utilisateurs d'inspecter leurs excréments 48 heures après l'ingestion, pour vérifier que la pilule ait bien trouvé la porte de sortie.