Sorti en novembre 2015, le clip engagé de M.I.A, "Borders", vient refaire parler de lui. Aujourd'hui, la chanteuse a été contactée par les services du Paris Saint-Germain qui exigent la suppression de son dernier clip avant les prochaines 24 heures. Pas de quoi stresser M.I.A qui a déclaré la guerre sur Twitter en publiant la lettre reçue ce matin :

Le clip de "Borders", réalisé par M.I.A elle-même, en plus d'être esthétiquement intéressant, propose un retour sur la crise migratoire que connaît l'Europe ces mois-ci. Avec une mise en scène soignée, des décors et des costumes significatifs, M.I.A propose une relecture poétique de ces évènements.

Ce qui a froissé le PSG c'est d'être associé à tout ça. Le temps de deux apparitions, M.I.A porte un maillot officiel du PSG. Le hic : au lieu du slogan "Fly Emirates", on peut y lire "Fly Pirates" (pirates de l'air). Ce hoax apparaît comme une critique du financement abusif du club parisien par les monarchies du Golfe.


Pourquoi la chanteuse d'origine sri-lankaise s'est-elle permise cette parodie ? Connaissant son engagement politique et la situation du Qatar, on peut émettre une hypothèse. 

Il faut savoir que l'Arabie Saoudite, Dubai, et d'autres monarchies du Golfe emploient beaucoup d'immigrés venus d'Inde, du Népal et du Bangladesh pour la construction de leurs buildings. Au Qatar, on trouve par exemple deux fois plus d'Indiens que de Qataris.

En 2014, un rapport de la Confédération syndicale internationale faisait état de la mort de 1239 ressortissants indiens et népalais, subissant des conditions de travail des plus affreuses (retards de salaires, retraits de passeports, logements insalubres...).

Dans sa lettre, le PSG dénonce un "préjudice d'image" et donne 24 heures à M.I.A pour envoyer son clip aux oubliettes. Même pas peur, la chanteuse rassemble déjà tous les suffrages et n'a pas l'air de vouloir céder à en croire son compte Twitter.