• Barnt - Chappell [Hinge Finger]

Oui, "encore", vous allez nous dire, mais ce toujours-incroyable track de Barnt sorti sur Hinge Finger fin 2014 continua de caracoler dans les hautes sphères underground de Shazam et autres groupes Facebook dédiés aux track-IDs jusqu'au début de cette année. De mémoire, Joy Orbison la jouait dans son Essential Mix, Jamie xx au Pitchfork Festival, Jimmy Edgar au Showcase, Low Jack au Rex pour la Club Trax avec Rolando et, le 23 décembre dernier, Chambray en offrait même son edit. Toujours excellent.

  • &ME - Woods [Keinemusik]

Sur ce coup-là, il semblerait que nous ayons eu du flair : fin juin 2015, nous obtenions sur Trax l'exclusivité de la face B du nouvel EP du Berlinois &ME. "Woods", un track de huit minutes, house tropicale au motif électronique hypnotique qui, pour sûr, fera son "petit effet" en club (pensions-nous alors). Le mois de sa sortie, il atteint la première place des tracks les plus joués de RA et finit dans le top 3 des plus joués de l'année. Aujourd'hui, "Woods" enregistre plus de 70 000 écoutes sur notre compte SoundCloud.

  • Tale Of Us - Silent Space [R&S]

C'est l'une des plus grosses surprises de l'année, avec notamment la signature de Nicolas Jaar sur R&S. Les deux Italiens de Tale Of Us signent eux aussi sur le mythique label belge en présentant un maxi de deux titres, "North Star" et "Silent Space". Ici, c'est encore la face B qui frappe avec un track techno au gimmick cassé, volatil et surprenant. À la rédac', sur les réseaux sociaux ou en club, il fit l'effet d'une bombe à retardement : "Silent Space" est bien l'un des tracks les plus puissants de cette année autant que l'un des meilleurs du duo.

  • Fatima Yamaha - What's A Girl To Do [D1/Dekmantel]

En parlant de bombe à retardement, en voici une autre à la portée gigantesque mais au matériaux fin et délicat. Initialement sorti en 2004 sur le label irlandais D1 Recordings (emballé dans l'EP A Girl Between Two Worldsaujourd'hui gratuit), cette petite merveille de track s'est fait rééditer cette année par Dekmantel (oui, le label du festival Amstellodamois). Actuellement, ce premier maxi se vend autour de la centaine d'euros sur Discogs et "What's A Girl To Do" trust presque tous les tops électroniques de 2015. Mieux vaut tard que jamais.

  • Bicep - Just [Aus Music]

Chez Trax, nous avons toujours été de grands fans du travail du duo de Belfast, autant sur le label de Kevin Saunderson KMS, sur leur propre structure Feel My Bicep, comme sur Aus Music, la maison de Will Saul et Fink (qui signe aussi Midland, Huxley ou Leon Vynehall). C'est sur ce dernier que Bicep fit son coup d'éclat de l'année avec "Just", premieré par Boiler Room Debuts en mai dernier et shazamé près de 32 000 fois. Question musique, c'est simple : jackpot à celui qui réussira à s'arrêter après la première écoute.

Fun fact : prenez la release d'après (le maxi Dahlia sur Feel My Bicep) et tendez un peu l'oreille sur la drum line et surtout le gimmick de "Go", autour des deux minutes...

  • Frankey & Sandrino - Acamar + Dele Sosimi Afrobeat Orchestra - Too Much Information (Laolu Remix (Edit)) [Innervisions]

Innervisions, le label de Âme et Dixon, continue son ascension vers des sommets insoupçonnés de l'électronique populaire (entendez par-là qui plait à énormément de monde), proposant une techno moderne, répétitive sans pour autant autoroutière, et définitivement épique. Laissant sur le carreau cette soupe à la The Avener ou Milky Chance, dont la formule beat Teletubbies, riff de guitare samplé de Christophe Maé et vocal parlé-chanté-cassé-fatigué n'a jamais réussi à nous avoir, Innervisions enchaine les signatures prestigieuses (Agoria, Laurent Garnier, Recondite...), les tubes comme ici – et rien que cette année – "Acamar" ou "Too Much Information" (tous deux dans le top RA des tracks les plus joués de 2015), et se positionne comme un excellent révélateur de talents depuis sa fondation en 2005 (Culoe De Song, Marcus Worgull ou, qu'on le veuille ou non, Ten Walls). Et tous ceux qui ont vécu la dernière Lost In A Moment parisienne devraient être d'accord.

  • Jamie xx - Gosh [Young Turks]

Le choix de ce titre dans cette playlist est certes plus subjectif que les autres, mais non moins justifiable. Inclus dans l'un des albums électroniques les plus récompensés de l'année (par The Guardian, Pitchfork, NME, Trax, ou même nominé au Grammy 2016), "Gosh" n'est ni totalement techno et loin d'être house, mais peut (et doit) être considérer comme le meilleur set-finisher de tous les temps. Nous-mêmes le testions récemment au Rex : sur la fin du morceau, lors de ce sublimissime solo de synthé qui sonne façon rave 90's, ne soyez pas étonnés de voir tous les bras du public se lever, les yeux se fermer et même entendre quelques cris de jouissance. Une apothéose qui mérite amplement sa place dans ce classement non-classé des meilleurs tracks électroniques de l'année.

  • DJ Koze - XTC [Pampa]

Cette année, l'Allemand DJ Koze a quitté les après-midi ensoleillées, évoquées notamment par son dernier album (Amygdala, sorti en 2013 sur son propre label Pampa) ; il a préféré s'infiltrer dans la nuit tout en y apportant le soleil. À l'heure où les soirées techno tirent majoritairement vers le noir, son titre "XTC", lui, rayonne. Un morceau solaire, épique, de ceux qui font passer une soirée dans une autre dimension. Pas étonnant de le voir figurer aux premières places des tops RA (deuxième des morceaux les plus joués de l'année, et cinquième du top 50 de sa rédaction). Et si vous ne l'avez jamais encore vécu, on vous donne rendez-vous le 30 janvier au Peacock Society Winter pour l'entendre joué par son créateur.

  • Michel Cleis & Klement Bonelli Feat. Martin Wilson - Marvinello [Rebirth]

Premieré par Mixmag qui s'enorgueillit que "de Laurent Garnier à Agoria, de Groove Armada à Gilles Peterson, tout le monde joue "Marvinello"", shazamé plus de 50 000 fois et surtout n°1 du top 100 RA des tracks les plus joués de l'année, cet hommage à Marvin Gaye semble avoir été le tube électronique de l'été 2015 (particulièrement à Ibiza), succédant au "Pushin On" de Oliver $ & Jimi Jules, ou encore au superbe "Finder" de Ninetoes l'année d'avant. C'était d'ailleurs sans trop de surprise que nous la retrouvions à Verbier, en Suisse ; au Polaris Festival lors du B2B de Seth Troxler, Mirko Loko et Cesar Merveille à 2 200 mètres d'altitude. Mais nous, on préfèrera finalement l'original.

  • Bjarki - I Wanna Go Bang [трип]

Si "Never Grow Old" de Floorplan est incontestablement LE track qui a le plus marqué 2014, "I Wanna Go Bang" est incontestablement son équivalent en 2015. Difficile presque cette année de ressortir d'une soirée techno sans avoir dans la tête cette voix robotisée et hantée du protégé islandais de Nina Kraviz. Signé sur le label de la talentueuse Russe трип (prononcez "trip"), cette bombe techno atomique est passée sur les platines des plus grands du genre, réduisant en miettes warehouses, clubs, festivals, caves, catacombes, cimetières et autres Boiler Room (autour de la 44ème minute). Entre YouTube et SoundCloud, le track a été écouté plus de 1 300 000 fois depuis sa sortie en juillet et a rendu dingue plus d'un dancefloors.


Mais 2015 c'était aussi...

  • Andrea - Outlines

  • Four Tet - Morning/Evening

  • Pearson Sound - Thaw Cycle/Freeze Cycle

  • KiNK - Cloud Generator

  • Nicolas Jaar - Fight

  • Maceo Plex - Solar Detroit

  • Laurent Garnier - Boom (Traumer African Remix)

  • Call Super - Migrant

  • Casino - Pâté Impérial

  • Saschienne - Chambre Bleue

  • Roman Flügel - Sliced Africa

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