Photo en Une : Peter Ryaux Larsen

Pilier de la scène électronique de Montréal, la réputation du couple Igloofest-Piknic Electronik n’est plus à faire. Chaque année, les deux festivals (été et hiver) offrent une programmation éclectique, à la fois internationale et très locale, savoureusement pointue. Résultat : une foule de passionnés y rejoint les néophytes venus se convertir au meilleur de la scène électronique.

Pour ses 10 ans, l’Igloofest va plus loin. Devant une forêt de bonnets et de moufles levées, on entendra résonner, le 14 janvier, le set trip-hop et downtempo de l’un des fiers représentants du label Ninja Tune, Bonobo, la techno berlinoise de Paul Kalkbrenner le 15 janvier, et le pilier anglais de l’électro Dave Clarke le 16. La suite ? Un savant mélange de DJs locaux ayant marqué l’année 2015 et de sets puissants, références des circuits nocturnes mondiaux.

A lire également
On vous raconte... le Piknic Electronik Festival de Montréal



Mais au-delà de ses références classiques (UK bass, techno, house, deep house), le line-up de l’Igloofest 2016 se nourrit des paradigmes tout en mixité des nouvelles sociétés mondiales pour exprimer en musique leurs réalités sociales. Teintes hip-hop et soca (Lunice, Poirier, Brodinski), couleurs tropicales (Pierre Kwenders), les beats se suivent mais ne se ressemblent pas. Belle preuve que la grande famille de l’électronique a les basses bien ouvertes. La confrontation underground/commercial balaie de fait la prog façon tsunami pour satisfaire une diversité, comme un public, qui peut désormais aisément passer de la fréquence d’un "Kiara" (Bonobo) introspectif, puissant et poétique, à un "Another Earth" (Tale of Us), techno au groove pulsionnel et orné de synthés énigmatiques, en un battement de beat.



Côté Français, on se réjouit de la présence de Sébastien Léger, chouchou de l’électro-house mondiale, de Brodinski, magicien techno hip-hop, et de l’électronicien onirique Rone qui apportera peut-être Etienne Daho - écoutez "Mortelle" - dans sa valise. La techno sourde et poétique de Traumer viendra quant à elle faire planer le dernier week-end de l’événement. Parmi les invités québécois, la liste est longue, et la source, intarissable. Le Québec regorge aujourd’hui de DJs et producteurs qui se démarquent autant par leur créativité sonore que pour leurs performances scéniques. Une mine d’or mise en valeur à l’Igloofest qui met l’accent sur la relève  Ainsi pourra-t-on s’enivrer sur l’électro tropicale de Pierre Kwenders, l’une des révélations musicales de l’année au Québec, sur les sets toujours percutants et maîtrisés de Laura Scavo ou encore sur la techno minimale de la productrice techno en vogue, Alicia Hush. Autant d’artistes émergents qui s’emparent des belles recettes des Anciens pour concocter des sonorités atypiques affolant les fréquences, prenant les tripes en otage.

A lire également
Le mix d'adieu de Modeselektor à 50Weapons



Événement notable de cette édition, la présence du label 50Weapons de Modeselektor. C’est devant un public au complet (originalement divisé sur les deux scènes) que ses Modeselektor et leur combo avec Siriusmo (Siriusmodeselektor), Truncate, Benjamin Damage et Shed commémoreront la fin de la maison allemande, dans le cadre de leur tournée d'adieu (10 étapes internationales). Évidemment très attendus aussi, le fondateur de Hotflush Recordings, Scuba, Maceo Plex et le patron de la techno de Detroit, Carl Craig. Une très très belle année donc pour le festival, dont vous pouvez retrouver l’ensemble de la programmation ici. Vous pouvez commencer à préparer vos valises. 

igloofest