C'est un disque vinyle avec un macaron tout blanc. Mais au-delà de l'aspect technique (il s'agissait des premiers disques sortis de la presse, donc sans artwork ni informations), le white label est un des piliers de la club culture. Utilisé comme copie promo pour les radios et les DJs, le white label est devenu synonyme d'exclusivité dans la house et le hip-hop. Dans les 80's, les labels les utilisaient pour faire le buzz avant la sortie d'un disque. Steve Beckett, de Warp Records, rappelle que son label a démarré avec des white labels d'avant-garde envoyés aux radios pirates, tandis que certains DJs paranos déchiraient carrément les étiquettes pour affaiblir la concurrence.

Le white label s'est aussi développé dans un souci d'économie. Dans les 90's, certains écrivaient au marqueur sur le macaron blanc, et le label Schatrax est même devenu célèbre grâce à ses coups de tampon. Le white devient alors un produit prisé dans les magasins. “Les labels en sortaient intentionnellement parce qu'ils savaient que les clients en raffolaient”, expliquait Aidy West, du shop Vinyl Underground à Northampton, dans un article de Meoko.net l'an passé. Aujourd'hui, les DJ's jouent toujours des promos en white et on en reçoit de temps en temps chez Trax. Et le mois dernier, on apprenait la naissance de Hostom Records, un label français de white labels (vinyl only), déjà soutenu par le Roumain Raresh. De la musique sans nom, et c'est plutôt bon.