Scum Tek, l'organisateur de la rave d'Halloween qui a mal tourné fin octobre, est au centre d'une polémique outre-Manche. La fête, qui se déroulait dans le centre de Londres, sur le bord de la Tamise, à deux bornes de Buckingham Palace et à 500 mètres d'un commissariat, a vite dégénéré. Des chaises et des bouteilles ont été jetées sur les forces de l'ordre, seize personnes ont été arrêtées et la police a lancé une enquête. Dans l'œil du cyclone, Scum Tek s'est expliqué jeudi 5 novembre dans Time Out London après s'être défendu dans un long post sur la page Facebook du collectif.

Sur sa page Facebook, Scum Tek revient sur le déroulement de la nuit, expliquant que c'est l'arrivée de la police qui a déclenché la violence. “Avant que la police n'arrive, aucun délit n'avait été commis à part des nuisances sonores. La police aurait pu arrêter la fête très facilement avec quelques formulaires. […] Quand les premiers agents sont arrivés, certains ont tenté de négocier une solution. Mais les accès du lieu ont tous été bloqués, et la police anti-émeute a débarqué quelques minutes plus tard. Quand l'immeuble a été encerclé, les fêtards ont alors été repoussés dans les rues environnantes et la discussion est devenue encore plus difficile. À plusieurs reprises, nous avons suggéré de stopper l'événement. Mais les policiers ont refusé, ils ne voulaient pas voir arriver un flot de gens dans une rue où la situation était déjà tendue."

Les organisateurs déplorent une situation où les gens à l'intérieur se sentaient piégés et ceux de l'extérieur se voyaient refuser l'accès à une soirée alors qu'ils entendaient encore la musique, “une mauvaise idée”. “Quasiment tous les gens présents étaient pacifiques à part une minorité. La police était quasi exclusivement agressive.”

Dans Time Out, Scum Tek estime que ces événements cristallisent les problèmes de la culture club en Angleterre, qui compte moitié moins de clubs depuis dix ans et est désormais munie d'une task force pour assurer sa survie à Londres. “Scum Tek a commencé parce que les clubs de ce pays se sont vu refuser les licences. Les petits lieux ferment à un rythme effréné, les festivals sont sur le déclin. Tout ça menace le hub créatif que constitue le Royaume-Uni.”