Photo en Une : Jacob Khrist

L'ensemble des décisions et des projets déterminés par le Conseil parisien de la musique (CPM), fondé l'an dernier par Bruno Julliard (en ouverture du MaMa Festival), nous était exposé, jeudi 5 novembre, au terme d'une réunion majeure, d'un événement d'envergure. L'organe administratif prévoit la formation d'un fonds de trois millions d'euros d'ici 2020, en faveur de l'effervescence créative et de l'activité des salles musicales parisiennes.

Les établissements sélectionnés par les membres du CPM et du CNV (Centre national de la chanson des variétés et du jazz), dont les noms pourraient nous être dévoilés à l'orée de la nouvelle année, devraient sitôt bénéficier d'un soutien financier conséquent (2,5 millions d'euros), les incitant à entreprendre les démarches nécessaires au respect de la réglementation (travaux d'insonorisation et mise en accessibilité). "L'enjeu, c'est de soutenir le modèle économique de ces salles qui ont des difficultés pour se mettre en conformité", affirmait ainsi Bruno Julliard lors de la réunion à l'Hôtel de ville de Paris.

La structure administrative pourrait, en outre, allouer un montant supplémentaire de 600 000 euros à l'attention des organismes fragilisés, dont la programmation semble dévouée aux jeunes artistes, aux silhouettes et aux courants naissants. "En soutien à l'émergence et à l'indépendance, à la prise de risque et à la diversité musicale", précise le compte rendu de la seconde séance plénière.
le point éphémèrePar ailleurs, le ministère de la Culture pourrait accorder – à l'initiative du CPM – l'exonération de la Contribution économique territoriale aux salles de concert et aux disquaires parisiens, un impôt local auxquels ils sont assujettis, à l'inverse de certains acteurs de la vie culturelle parisienne (notamment les librairies). De même, la ville de Paris prévoit d'adhérer au Groupement d'intérêt public Cafés-culture et de soutenir (via une amorce de 50 000 €) l'activité des cafés de moins de 200 places, les encourageant à rémunérer et à déclarer les artistes accueillis en leur sein.

En point d'orgue de la réunion du CPM, le premier adjoint à la mairie de Paris révélait les premiers éléments du Festival Paris Music, calqué sur le modèle de la Fashion weekprévu du 17 au 19 mars à divers endroits de la capitale (les 17e et 18e arrondissements, le site des Grands Boulevards et les Berges de Seine).
le point éphémèreCes nouveaux éléments surviennent en amont de la fermeture de l'Espace B, le 12 décembre prochain, et de l'application (éventuelle) de nouvelles mesures visant à renforcer le pouvoir d'attraction de la nuit parisienne. De telles démarches constituent le prolongement de l'action du réseau MAP (le réseau des Musiques actuelles de Paris, représenté par 54 acteurs et structures du microcosme musical parisien), lequel s'évertue à allier deux sphères, deux univers opposés.

Si l'implication financière de la Ville de Paris s'avère insuffisante (une somme de 150 000 euros par an, répartie entre différents acteurs), les actions du Conseil parisien de la musique témoignent de l'intérêt des édiles, de la volonté d'accompagner à long terme, d'accentuer la vivacité et la diversité de la scène musicale. "Si notre ville peut s'enorgueillir d'un dynamisme enthousiasmant, elle se doit d'accompagner un secteur en proie à de profondes mutations." Les acteurs locaux (le réseau MAP et le CPM en premier lieu) paraissent aptes à soutenir un tel engouement, à unifier et édifier des projets d'envergure – d'une ampleur similaire à l'épisode parisien de Red Bull Music Academy.