Une équipe de chercheurs de l'université de New York a mis en évidence la façon dont notre cerveau comprend la musique. "Nous avons réussi à isoler les rythmes du cerveau qui se synchronisent avec les rythmes musicaux", explique Keith Doelling, le responsable de l'étude.

Les chercheurs de la NYU ont soumis leurs patients, divisés en deux groupes (musiciens et non-musiciens) à des séquences de musique classique (Brahms ou Mozart), les questionnant quant aux variations de rythme et de tonalité et mesurant les champs magnétiques générés par l'activité neuronale.



Sans trop de surprise, les résultats montrent que les musiciens sont plus doués pour détecter ces variations. Ils suggèrent également que les cerveaux des non-musiciens sont incapables de comprendre la musique comme une "mélodie continue" plutôt qu'un enchaînement de "notes distinctes".

Mais tout n'est pas perdu pour les non-musiciens, selon le professeur David Poeppel, coauteur de l'étude. "Ces résultats illustrent surtout le fait que l'on peut entraîner et contrôler son activité cérébrale afin d'améliorer l'usage et l'efficacité de notre système de détection sonore", expliquait l'un des chercheurs à l'origine de l'expérience. Et ainsi révéler la richesse sonore insoupçonnée d'une œuvre. 

Si une optimisation de la synchronisation des deux hémisphères et des aires du cerveau (à des degrés supérieurs) peut privilégier la créativité, l'apprentissage (en accéléré), l'atténuation de certains défauts (la timidité, par exemple), une telle coordination améliore (à des degrés courants) notre perception du son, parole et musique compris. Le rythme cérébral se synchronise avec les différents composants ; dissociant les syllabes des mots et des phrases d'une part, les notes des variations de tempo et des oscillations, d'autre part.