22 mars 2011. Les flammes rongeaient la façade et les composants du bâtiment montmartrois, laissé depuis à l'abandon, du fait de l’extrême complexité du dossier et de multiples démarches administratives. L’incendie (provoqué par un court-circuit) engendrait la fermeture immédiate de l’Elysée Montmartre, dont l’avenir incertain favorisait l’émergence d’innombrables rumeurs : la disparition du complexe parisien ? une opération de reconversion ? un lancement en grande pompe, porté par la présence de certaines figures de la french touch (parmi lesquels Daft Punk, Justice, Phoenix, Air et Sébastien Tellier) ?

elysee montmartre
Interrogé à ce sujet par un journaliste de TimeOut, Julien Labrousse (propriétaire du Trianon, une structure avoisinante) confiait ainsi ses projets pour l’Elysée Montmartre, dont il est le principal acquéreur (aux côtés d’Abel Nahmias).

"On va rester dans un registre assez similaire à ce qu’il se faisait auparavant en gardant la même ligne très ouverte aux musiques du monde, avec du hip-hop, du métal et pas mal d’électronique."

S’il ne constitue, en aucune façon, les prémices d’une ouverture imminente, l’entretien révèle un certain nombre d’informations, lesquelles concernent notamment l’ampleur des travaux et la ligne directrice du haut-lieu culturel : « Les travaux avancent bien, mais il y en a encore pour huit mois, voire un an. On est plutôt en avance, mais c’est loin d’être fini. Sincèrement, on ne sait pas ce qu’on va faire pour la soirée d’ouverture, on ne peut pas y penser maintenant. Aucune décision ne sera prise avant cinq ou six mois. […] Tout dépendra des calendriers, des volontés des uns et des autres. On a à la fois l’idée de faire une sorte de buzz pour l’ouverture et de trouver un groupe suffisamment underground pour pas que ce soit un truc putassier. On va rester dans un registre assez similaire à ce qu’il se faisait auparavant en gardant la même ligne très ouverte aux musiques du monde, avec du hip-hop, du métal et pas mal d’électro. C’est important de rester sur ce positionnement car l’Elysée a toujours accueilli des trucs énervés. »

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L’interview nous renseigne également quant à l’abandon de TF1 et d’une part importante des géants de l’industrie musicale, désireux (dans un premier temps) de s’approprier l’établissement. Un élément particulier, dont nous ignorions l’existence, semble être à l’origine de la sauvegarde de l’Elysée Montmartre : « La loi de 1948 protège les lieux de spectacle vivants : un usage autre que celui d’une salle de spectacles, sauf autorisation exceptionnelle du ministère de la Culture, est interdit. […] Heureusement que cette loi existe car honnêtement, le marchand de biens ne nous aurait jamais vendu la salle s’il avait pu en faire quelque chose de plus rentable. On est quand même dans une des rues les plus passantes de Paris. »

Concernant l’apparence dudit lieu, l’Elysée Montmartre semble s’être approprié les attributs des établissements d’antan, d’une période antérieure au règne du baron Haussmann : « On est repartis sur un postulat historique, tout était possible. On se trouvait sur un terrain vague. On a essayé de travailler à partir d’un imaginaire féérique, un décor créé de toutes pièces, comme à la première époque. »

Au vu de l’éminence, de l’aura rayonnante du Trianon (la salle parisienne accueillait Squarepusher et Public Image Ltd au mois d’octobre), l’avenir de l’Elysée Montmartre semble tout à fait prometteur.