Si les membres de Radiohead s’étalent, se dispersent au travers de multiples projets, momentanés ou parfaitement établis, d’autant de formations et de créations éphémères — l’entité Atoms For Peace, les pièces Subterranea et Tomorrow’s Modern Boxes de Thom Yorke (interprété, prochainement, sur la scène du Pitchfork Music Festival), Weatherhouse, le second essai studio de Philip Selway, la bande originale du Inherent Vice de Paul Thomas Anderson, signée par Jonny Greenwood, et l’application PolyFauna —, l’ensemble investissait, l’an dernier, divers studios d’enregistrement et s’appliquait à la confection du successeur de King of Limbs (un huitième album, paru en 2011).



Les affirmations de Selway, désignant, en février dernier, un album à l’état embryonnaire, faisaient écho aux propos du guitariste de Radiohead (également claviériste au sein de la formation), auxquels s’ajoutaient, au début du mois de septembre, de nouveaux témoignages : « Nous serons assez occupés, cet automne. Nous souhaitons terminer cet album, et nous nous y appliquons en ce moment-même. […] Nous cherchons à évoluer d’un album à un autre, en essayant de changer notre approche sous-jacente de l’écriture musicale ».



Dans la soirée, Greenwood attestait, à l’antenne de Silver Radio (une station radiophonique russe), de l’aboutissement d’une majeure partie de l’essai (encore) anonyme. Nous ignorons tout, néanmoins, des tenants et des aboutissants du neuvième album de Radiohead. Il pourrait s’agir d’un nouveau fragment de rock alternatif, à forte inclinaison rythmique (à l’instar du précédent), d’une production éthérée ou d’un objet plus électronique, tant ses membres semblent (de plus en plus) attirés par cette sphère et ses sous-divisions. Tempus narrabo.