Qu'y a-t-il de mieux, pour un artiste, que de disposer de sa propre structure (ici, Pluto Records, lancé en 2015) lors de la publication d'une œuvre personnelle ? Qu'elle soit abritée par la maison de disques de David Byrne (Luaka Bop, fondée en 1988, indépendante depuis 2006), d'une personnalité emblématique, ouverte d'esprit et soucieuse du devenir de nouvelles générations d'artistes, notamment vis-à-vis des plateformes de streaming.

Floating Points, d'origine britannique, proche d'une poignée d'artistes analogues (Four TetCaribou), franchit ainsi une nouvelle étape, après s'être longuement attardé (plus de sept années) dans le petit monde de l'extended play et des formats courts. Au même titre que le répertoire de James Blake, l'œuvre de l'artiste mancunien, éblouissante, teintée d'influences provenant de la soul, du jazz et de la musique électronique, nous a toujours semblé correspondre davantage aux longs formats.

L'idée d'un premier essai (Elaenia, à paraître le 6 novembre prochain) paraît aussi opportune qu'inespérée. L'album se dévoile aujourd'hui à travers les contours étincelants de "Silhouettes", une composition radieuse, lénifiante, nous promettant un ensemble de qualités admirables.

Au cours de ces cinq dernières années, Sam Shepherd (à l'état civil) s'est ainsi appliqué à concevoir une œuvre complète, réaffirmant ses ambitions, aidé d'un certain nombre de musiciens et de vocalistes (percussionnistes, guitaristes, bassistes, violonistes, altistes et violoncellistes).

Quel pourrait être le prochain stade de son évolution ? L'artiste britannique pourrait vouer son art aux productions hybrides et s'associer, dès lors, aux artistes issus d'un autre courant, parmi lesquels figurent CommonErykah Badu et Kendrick Lamar. Une collaboration adéquate, à mille lieues de certains mélanges de hip-hop et de musique électronique.