Par Benjamin Leclerc

Le Baleapop est un rendez-vous. Non, pas le rendez-vous du genre Weather, Nuits Sonores ou Peacock Society. Avec ses 10 000 participants les bras levés, on pourrait difficilement dresser des comparaisons. En revanche, niveau bonne humeur, programmation pointue et cadre idyllique, le Baleapop en a à montrer. Un rendez-vous de connaisseurs, et de passionnés. Le genre où l’on peut croiser Ron Morelli en vacances, les artistes qui jouaient la veille ou les bénévoles et habitués que l’on revoit d’année en année.

© Flora Fettah

Avec une charte graphique osée, une scénographie travaillée et des installations qui jalonnent le parc ; le Baleapop c’est pas que de la musique. La programmation affiche un volet musique, avec une sélection aussi qualitative que sur scène. Transdisciplinarité, programmation modulée et exploitant le territoire au mieux, implantation régionale avec sensibilisation au basque, travail avec des partenaires forts, que ce soit les marques sponsors ou les collectifs musicaux… Petit laboratoire qui compile une programmation défricheuse à l’image du Midi ou des Transmusicales, une identité forte à l’image d’un Fusion, et prenant d’assaut la ville de Saint-Jean-de-Luz la nuit du samedi, étendant sa toile et sa foule de baleapoppers dans les bars et clubs de la ville.

© Eloïse / LOUISE Paris

Alors bien sur, le festival a eu ses inconvénients ; la pluie qui nous a bien gâché une soirée, et un camping qui n’est autre que le camping municipal et qui affichait complet des mois avant l’événement, ce qui a refroidi grand nombre de festivaliers au dernier moment. On trouve ça un peu dommage que le festival n’ait pas connu l’explosion qu’il aurait du par manque de toit. Mais on compte sur lui pour y remédier l’an prochain – ou on s’y prendra un peu plus tôt. Puis pour cette histoire d’orage aussi, ils ont bien un dieu Moï Moï qui s’occupe de ça.

Assez parlé de la pluie et du beau temps ; et la musique alors ? Comme le reste, grand soleil, quelques nuages. Après des années d’infaillibilité totale, on est pour la première année resté un peu sur notre faim face à certains concerts (Kartei et le déconcertant « allé hop, Baleapop », devenu une sorte de mauvais hymne du festival). Déception vite rattrapée par de grand moments, au premier desquels vint le baleabeach, où l’équipe du label français Antinote (D.K, Geena et le boss Zaltan) se sont relayés toute l’après-midi derrière les platines, dans une ancienne piscine d’algue qui paraissait avoir attendu toute sa vie cette rave postprandiale.

© Flora Fettah

Festival aux couleurs électronique mais avant tout orienté vers le live – des performances aussi diverses que celles d’High Wolf, Odei ou Peaking Light Acid Test. Des choses qui n’ont comme seul trait commun musical une certaine idée de la transe. Voilà, on y vient : il y avait du krautrock, de l’acid (beaucoup d’acid), du rock tribal… Mais tout, du xylophone virtuose d’Odei aux synthés modulaires de High Wolf, en passant par les danses de la chanteuses de Joujou, tout invitait à l’oubli, à fermer les yeux pour les rouvrir à la fin du set – les pieds dans la boue mais les oreilles loin au dessus.

© Eloïse / LOUISE Paris

Le dimanche fut le véritable soleil après l’orage. Pour le dernier jour, on attendait avec impatience le Moï Moï band, sorte de All Star band du label affilié au festival qui avait déjà clôt le festival l’an dernier. C’est Young Marco qui leur vola la vedette, avec un set en forme d’errance ici encore. Un ovni envoûtant comme on en a rarement entendu. La faute à la pluie, à un spot génial pour la plage mais difficile d’accès, et quelques autres couacs insignifiants, seuls les aigris et les gratte-papiers (c’est leur métier) diront déjà que c’était mieux l’an dernier. Et c’est déjà le signe d’un grand festival.

Bonus : le report vidéo 360°