SFX Entertainment semble en mauvaise posture, dans la tourmente. Le changement de statut de la firme américaine, propriétaire de plusieurs nightclubs de Miami, de la plateforme Beatport et détentrice des droits d’un certain nombre d’événements (Tomorrowland, Electric Zoo, Stereosonic, Ruhr-In-Love), entraîne dès à présent le gel des paiements des royalties engendrés au cours de la saison dernière (avril-juin 2015) par le site internet de vente de musique électronique.

Les porte-paroles de Beatport ont aussitôt adressé un courrier aux divers ayants droit – notamment Environ Records, dont le fondateur, Morgan Geist, déplorait le manque d’empathie.

Si ledit montant devrait être reversé à l’orée de la nouvelle année, au terme de l’opération entreprise par SFX, l’incident devrait susciter de nombreux remous au sein de la sphère électronique ; de graves répercussions sur la santé financière d’une multitude de labels. Autres victimes collatérales du blocage des paiements, les artistes ayant uploadés leurs mixes sur la plateforme américaine de streaming, respectueux des ambitions et de la nouvelle identité de Beatport.

Robert Sillerman (à la tête de SFX Entertainment) est également invité à comparaître en justice le 6 octobre prochain, du fait des accusations de son ancien partenaire. En dépit d’apports et de contributions non-négligeables, responsables du succès grandissant de la firme, Paolo Moreno n’aurait reçu aucune forme de compensation - ce malgré les affirmations de Sillerman, prononcées dès la naissance du partenariat : « Tu te feras plus d’argent que tu ne pourrais l’imaginer. » L’ancien associé de SFX exige depuis lors un montant de 100 millions de dollars, lequel devrait lui être attribué, au vu des preuves avancées par le plaignant.

Ainsi mentionné dans notre numéro de Trax Magazine #184, toujours en kiosque, le changement de statut d'entreprise publique (en bourse) à privée (détenue par un ou plusieurs actionnaires, ici le seul Robert Sillerman) résulte d'une cotation boursière des plus fluctuantes. Comme nous l'écrivions, "malgré les revenus confortables qu’elle génère, SFX chute en Bourse et inquiète ses investisseurs, qui vont jusqu’à remettre en doute le modèle économique de l’entreprise : fonder tout un empire sur les goûts musicaux – versatiles – du client, ce n'est peut-être pas une si bonne idée. On vous passe les détails économiques à s’en arracher la tête avec les dents, mais selon l’analyste, “un retour sur investissement des plus favorables (16.9 %) est à prévoir [...] cependant, le risque de banqueroute n’est pas totalement écarté”."

UPDATE 07/08

EPM - distributeur, éditeur et label de musique électronique (Ben Sims, Robert Hood) - a tenu à assurer le paiement des royalties, sous forme de prêts, en soutien à la plateforme Beatport. Jonas Stone, directeur des relations presse de l'entreprise transnationale (Maastricht, Berlin, Londres, Los Angeles), intègre le site internet de vente de musique en ligne (et plus récemment, service de streaming) parmi les structures-clés de la scène électronique et de sa communauté : "Nous sommes impatients de les voir surgir de nouveau, d'ici peu. »

UPDATE 10/08

Un mémo de Beatport, publié en fin de semaine, nous informe désormais de l'imminence du paiement des royalties générées par la plateforme, gelé depuis lors du fait d'un changement de statut. Les responsables du site internet prévoient ainsi le remboursement desdites sommes au cours de la prochaine semaine, préoccupés par l'aggravation d'éventuels dommages. La note adressée au public renferme, en outre, de curieuses informations : d'importants labels (principalement des majors) auraient d'ores et déjà perçu leurs indemnités, au préalable, au détriment de petites structures, grandement affectées, pour certaines, par l'incident.

Les porte-paroles de Beatport se sont défendus, néanmoins, de tout favoritisme : "Si la majorité des paiements ont été reportés, certains ont pu être effectués avant l'application du blocage. Cela concerne certains labels, dont des majors, lesquels ont contribué au développement du nouveau service de streaming de Beatport. Il ne s'agissait aucunement d'un traitement de faveur, mais nous comprenons que cela puisse paraître équivoque."