En deux ans d'existence, le festival a su réunir dans un line-up aussi vallonné que les alpes monténégrines, les sommets autant que les amples gorges de la scène électronique. Sea Dance c'est un festival qui se situe pile entre les géants (type Sziget, Outlook ou autres Dimensions...) et le petit festival intimiste. Cette année, c'est 110 000 participants qui se sont réunis sur quatre jours de fête sur la superbe plage de Jaz pour un évènement élu l'an dernier "Best European Medium-Sized Festival" par festival award europe. On y a aussi retrouvé les heureux festivaliers du Exit Adventure, un package unique qui réunit événement et vacances entre deux festivals prenant place dans deux pays voisins, et dont la première partie n'est autre que le mondialement reconnu Exit en Serbie.

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The Prodigy face à une audience en flamme[/caption] L'opening fixait haut la barre avec The Prodigy en tête d'affiche. Un live parfaitement maitrisé du haut de leurs 25 années d'expérience dans le domaine, où batteries, guitares et machines ont littéralement renversé un public déjà conquis par les feux d'artifices tirés au dessus de la scène principale UKF, ainsi que du live percussif (et c'est peu dire) des excellents hollandais de Noisia. Les classiques des punks de la dance music comme "Firestarter", "Voodoo People" ou "Omen", ont été accueillis par une marée de cris à rendre jaloux le système son pourtant poussé à la limite du supportable. Un véritable succès pour leur premier show dans la région. Sur la scène Dance Paradise (en partenariat avec The Sound You Need) c'est le slovène Gramatik qui est venu faire trembler la plage et ses sirènes avec un hip-hop/dubstep glitchy qui fait sa pâte. 

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Soul Clap sur la scène Dance Paradise. Qui a dit que le soleil était mauvais pour la gueule de bois ? Surtout pas quand on a pour compagnie le collectif US Crew Love représentés entre autres par un live hypnotique de Pillowtalk et leur modern disco. Particulièrement lorsqu'ils sont suivis par un set vinyle plein d'amour et de percussions des excellents Soul Clap. Avec leur savantes transitions, le duo a su donner à cette plage, peuplée essentiellement de russophones, des allures de fin d'après-midi sous les cocotiers d'un Miami des années Montana. Difficile donc de se décrocher de la scène Dance Paradise ; sauf peut-être le temps d'une bière et d'un giros (le kebab local, qu'on aimerait bien voir ouvrir à côté de chez soi). On embarque direction 2010 avec, pour pilotes, Flight Facilities — et pour être tout à fait honnête, "Crave You" n'a pas pris une ride.

Sea Dance

Sous le soleil et les 40°C de l'été monténégrin, les jours se ressemblent... On retiendra particulièrement la performance (en changeant au moins six fois de costumes en une heure) de la diva moderne Roisin Murphy.

Ne se contentant pas de présenter les morceaux de son dernier album Hairless Toys (qu'on avait attendu 7 ans), elle nous transporte dans tous les méandres de son monde, allant de reprises de chants traditionnels italiens à une disco agressive mêlant synthés analo et basses slapées. Mais si l'univers est vaste c'est bien le fil de sa voix qui nous guidera tout du long de ce live. Cette même voix qui fait d'elle la vocaliste incontournable de notre époque.

On gardera aussi en mémoire le live d'Odesza sans bavure (sauf peut-être sur quelques coups de baguettes). Les sets de Wilkinson, de Star Slinger (qui a réussi le tour de force de passer de Gold Panda à Mr Oizo) et de Bondax. Avec une mention spéciale au choeur serbe Viva Vox et ses drôles de covers acapella allant de Queen à Rage Against The Machine...

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Mais ce qu'on retiendra surtout, c'est l'exceptionnelle ambiance de cette plage au soleil où l'on peut se baigner pour oublier qu'il y fait trop chaud, même quand on écoute de la chill dance. Mais aussi la scène reggae qui passe du dubstep, ou la Silent Disco où l'on danse en bon européen sur du dOP, sous les yeux éberlués de festivaliers venant de derrière l'Oural. Et puis encore ce bar où la bière coûte quasi moins chère que l'eau. Oui c'est certain, on reviendra.