Le 6 juin dernier se tenait le Congrès national du PS à Poitiers. L'occasion pour leurs membres de se rassembler, de fixer la ligne politique pour l'année et de montrer leurs plus beaux sourires, mais aussi pour les collectifs de free parties d’Île-de-France, du Centre, de Bretagne et d’Aquitaine, d'exprimer leur ras le bol face à la répression de plus en plus accrue de leur mouvement. Mais si cet appel du 6 juin avait rassemblé 2 500 teufeurs sur le site de Fontaine-le-Comte, cette belle preuve de mobilisation laisse aujourd'hui un autre genre d'acidité dans la bouche.

Teknival

Identifié comme l'organisateur de ce Teknival revendicatif, le membre de l'association Freeform, Julien Agasse, est, selon le site de la Nouvelle République, poursuivi par le parquet et devrait comparaître le 28 septembre au tribunal pour "organisation sans déclaration préalable d'un rassemblement festif à caractère musical avec diffusion de musique amplifiée dans un espace non aménagé". Il risque une amende pouvant aller jusqu'à 1500 euros.

Pourtant, toujours sur la Nouvelle République, il dément son implication : « Je suis membre d'une association, Freeform, qui fait le lien entre les autorités et les associations. J'étais à Fontaine, mais à titre personnel. Je suis allé au-devant des gendarmes, avec qui ça s'est très bien passé, car je suis habitué de ces situations-là. C'est ce que l'on me reproche. C'est comme si on reprochait à un pompier en vacances d'éteindre un feu près de chez lui ! C'est ridicule. D'ailleurs, les gendarmes ont accepté qu'on fasse une saisie concertée de matériel. Tout s'est très bien passé avec les autorités. Actuellement, en France, les problèmes que nous avons, c'est avec la justice. »

Une situation qui frôle l'ironie : ce Teknival était organisé pour dénoncer l'injustice qui frappe les événements cadrés, avec un dossier monté (comme le MultiSon de Béziers) ou comprenant moins de 500 personnes (conformément à la loi) ; ces événements finalement interdits, annulés ou bloqués par les autorités ou la justice. Or ils sont désormais accusés d'avoir franchi la ligne de la légalité. Mais qui les y a poussés ?