Cette envie d'inviter tout le monde à festoyer avec lui, c'est avec Nowadays qu'il la partage actuellement, avec la sortie lundi 29 juin de son premier EP Joyful sur ce label qui abrite aussi les disques de La Fine Équipe, Hoosky ou Fakear. Le voici en écoute intégrale et exclusive sur Trax, accompagnée d'une interview tout aussi généreuse :

C’est quoi ton blaze ?

Je m'appelle Thomas Lucas, j'ai 23 ans, et je produis de la musique sous le nom de Douchka. Je suis aussi DJ depuis mes débuts, je suis venu à la production par le biais de cette pratique. Ce blaze, je le dois à un pote depuis mon internat au collège à Quimper. Il se reconnaitra sûrement car je sais qu'il est un lecteur assidu de TRAX. C'est aussi le nom d'une ex-égérie chez Disney qui participe actuellement à l'émission d'ordre culturel "Las Vegas Academy" sur W9. Tu comprends donc pourquoi je suis un peu fâché avec Google...

Tu viens d’où ?

J'habite à Rennes depuis 5 ans, mais je viens d'une petite ville dans le sud Finistère qui s'appelle Douarnenez, connue notamment pour le Kouign Amann, sa spécialité locale, ainsi que pour le carnaval des Gras qui m'a permis de développer une assez bonne résistance à l'alcool. J'ai grandi au bord de la mer avec un port de pêche et des petites plages à 300 mètres de chez moi, il y a pire comme endroit. Je suis breton, je n'ai jamais habité ailleurs, et Paris ne m'attire absolument pas, même si j'aime bien y passer de temps en temps pour jouer ou venir voir des potes. Ça va faire très kiddo, mais j'aime beaucoup retourner chez mes parents un week-end par-ci par là, c'est un grand bol d'air essentiel pour moi.

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C’est quoi ton crew ?

Depuis peu, c'est Nowadays Records, label de La Fine Équipe, Fakear, Phazz et Everydayz, Yann Kesz... Je suis très fier d'avoir rejoint cette famille, ils m'ont très vite mis à l'aise et c'est sans prise de tête. Ils m'ont accueilli à bras ouverts, sans trop de connexions au préalable, ce qui est finalement assez rare dans le game. Je leur en suis vraiment reconnaissant pour ça. À Rennes, j'ai une très forte attache avec l'association Decilab qui est globalement la seule à proposer des soirées orientées future-beat, hip-hop, trap... Heureusement qu'ils sont là, ils sont jeunes, surmotivés, et proposent une alternative à toutes les soirées techno/house qui inondent les clubs de la ville le reste de l'année. Sinon je bosse pas mal avec Les Gordon, on a un side-project nommé Leska, et vous allez en entendre parler dans très peu de temps...

C’est quoi ton son ?

C'est un son très coloré, un peu déstructuré, avec beaucoup de mélodies et d'harmonies saupoudrées d'une essence pop. J'emprunte aussi certains codes au rap instrumental et aux styles un peu plus down-tempo. C'est un mélange de pas mal de choses en réalité, et comme je n'aime pas trop les étiquettes/tags sur un son en particulier, je préfère laisser aux gens la liberté de nommer ce que je fais, plutôt que d'imposer un énième terme à la mode qui aura disparu dans un mois.

C’est quoi cet EP ?

C'est le résultat de ces six derniers mois que j'ai passé en studio, à réfléchir au meilleur moyen d'affirmer un style, une touche. Il y a quatre titres sur ce maxi, dont un featuring avec Parachute Pulse, une chanteuse avec qui j'avais déjà collaboré lors de mon passage à la Red Bull Music Academy à Tokyo en octobre dernier. C'est aussi l'histoire de quatre morceaux qui s'assemblent pour former un corpus cohérent, une histoire. Enfin, je le prends personnellement comme un hymne à la joie, un clin d'œil qui me rappelle toutes les belles choses que j'ai eu l'occasion de vivre ces derniers temps autour de ma passion que j'essaie tant bien que mal de vivre à temps plein, même si ça m'a couté pas mal de nuits blanches et un train de vie complètement décalé. On est nombreux dans ce cas je crois bien.

Tu fais quoi en live ?

Je suis pour l'instant présent sur scène seulement en tant que DJ, donc je passe des MP3 à l'aide d'une clé USB et d'un casque sur deux platines. Un truc vraiment pas très sorcier dans la forme. En revanche, je ne joue quasi-exclusivement que des edits personnels ou des remixes non-sortis, uniquement fais pour mes DJ sets. Ça fait très racleur de sortir ça comme ça, mais au moins je suis sûr que personne ne peut faire le même set que le miens. Je prépare donc méticuleusement chaque set avant de le jouer, ce que font en réalité 95% des DJs, sinon on se retrouve en mode "old-school" comme David Guetta à Coachella, pas cool.

Il m'arrive aussi souvent de recevoir des messages de personnes le lendemain d'une date qui me demandent le nom de tel ou tel remix/edit que j'ai joué à un moment donné du set car ils ne le trouvent pas sur le Net. C'est super flatteur et ça me pousse à continuer à passer des heures sur la préparation d'un set, même si je joue en warm-up devant 20 personnes. C'est en voyant Canblaster jouer pour la première fois en DJ set que j'ai compris l'importance d'arriver avec ses propres tricks, c'est tellement plus dynamique qu'un set autoroute à 130 bpm. Je me suis d'ailleurs une fois endormi dans un club sur ce genre de set, c'est véridique et mes potes gardent ce dossier photo bien au chaud...

Tu tournes un peu ? Y’a des zouzs à tes soirées ?

J'ai eu la chance d'intégrer le roster d'Allo Floride en début d'année. C'est le premier tourneur en France à s'être réellement investi sur ce genre de son, en signant Flume à ses débuts par exemple. J'ai donc la chance de tourner de plus en plus régulièrement le week-end sur de très beaux plateaux comme le The Sound You Need Festival à l'Electric à Paris ou au Bikini à Toulouse dernièrement. Concernant les zouzs, il n'y en a qu'une qui compte à mes yeux, c'est la mienne, et elle vient de temps en temps sur les dates. Comme ça on kiffe l'hôtel et on passe un petit week-end ensemble à la cool comme à Astropolis ou Pitchfork par exemple. Une fois, un photographe sur un festival nous a pris pour un duo d'artistes, c'était assez drôle comme situation, mais elle n'était pas très chaud pour venir jouer sur scène avec moi... Un jour peut-être !

T’écoutes quoi en vrai ? Y a quoi dans ton téléphone ?

Je suis tombé sous le charme du dernier maxi de Mura Masa, Someday Somewhere, c'est vraiment à découvrir d'urgence. Il y a aussi ce producteur assez dingue, Gylsey, qui me fascine dans les textures de synthé qu'il utilise. J'ai eu aussi la chance d'écouter le prochain album de Nils Frahm qui est une vraie perle, dans la lignée de Spaces, je suis un grand fan de ce pianiste et son concert au Trianon il y a deux mois m'a donné de sacrés frissons. Le dernier Ta-Ku est complètement dingue aussi, c'est mon préféré chez Futur Classic pour moi. Et puis j'ai beaucoup aimé le maxi de Darius chez Roche également, c'est juste parfait pour l'été. Je pourrais continuer la liste pendant des heures tellement les sorties actuelles sont lourdes.

C’est quoi la suite ?

Là je commence à travailler sur mon deuxième maxi, j'ai vraiment pleins de nouvelles idées et c'est très rafraichissant de pouvoir entamer un nouveau projet. J'ai aussi quelques dates de prévues cet été, dont le festival des Francofolies de Spa en Belgique le 18 Juillet et deux dates à Paris incluant un Social Club avec toute la team Nowadays le 30. Sinon notre maxi avec Leska est terminé depuis peu, et j'ai également bossé en tant que producteur avec une formation r'n'b en studio à Paris dernièrement, j'ai très hâte de voir le résultat de tout ça. Enfin mon idée serait de proposer un live début 2016, avec mon piano sur scène. Pas mal de choses dans les tuyaux comme on dit !

Retrouvez son EP Joyful en pré-commande sur iTunes