Le producteur lituanien derrière les hits "Walking With Elephants" ou "Requiem", dérape en tenant des propos homophobes sur son compte Facebook personnel. Non, mettre les gays et les pédophiles dans le même sac, ça ne passe pas, et pour personne. Maintenant supprimé et remplacé par des excuses, le post (que le site Gay Star News n'a pas manqué) déclarait : "Je me souviens avoir produit pour un musicien lituanien qui a tenté de laver mon cerveau en me disant que je n'avais pas besoin d'être si conservateur et intolérant à propos d'eux. Quand je lui ai demandé "comment réagirais-tu si tu réalisais que l'anus de ton fils de 16 ans s'est fait déchirer par son petit copain ?", il est resté silencieux. [Dans] les années 90, la belle époque... les gens de cette espèce, on les 'arrangeait'." Il continue, embrayant sur une sombre histoire de pédophilie : "Lors de l'un de mes premiers gigs en Ireland, sur la route de [mon] hôtel, je suis passé devant une église décorée de centaines de chaussures pour bébé. [...] des enfants avaient massivement été violés par un prêtre. Malheureusement, les gens de cette espèce continuent de le faire, tout le monde est au courant mais personne ne fait rien." Depuis la semaine dernière, des réactions de beaucoup d'artistes de la sphère électronique (et plus encore) apparaissent sur les réseaux : Fort Romeau annule son gig à Londres avec Ten Walls, Maya Jane Coles refuse cette "attitude dans notre communauté", Radio Slave n'est même pas surpris, Ida Engberd salue tous ceux qui ont l'esprit ouvert, ou encore Magda, choquée, lui demande ouvertement de se souvenir que c'est ce sur quoi la house s'est construite. Sans oublier sa page Discogs qui devient tout d'un coup très mignonne. Et plus des artistes, ce sont les festivals et même sa propre agence de booking Coda qui se mettent à le décommander. Le PITCH à Amsterdam, celui dans lequel nous étions l'année dernière, vient de le supprimer de la programmation, au même titre que le UK festival Creamfields ou le Sonar.

Update 10/06

Après ce tremblement de terre, Ten Walls a tenu à s'exprimer une dernière fois sur Facebook, s'excusant de plus bel, annulant le reste de ses gigs et clamant qu'il avait "besoin d'un break" dans sa carrière musicale. Et c'était probablement la meilleure chose à faire, avant de supprimer sa page fan. L'affaire a d'ailleurs pris une proportion telle que même la présidente de la République lituanienne, Dalia Grybauskaitė, s'est exprimée sur le sujet (via The Lithuanian Tribune) : "Je crois que cet incident profite, d'une certaine manière, à l'État : dans ce pays, nous devenons de plus en plus ouverts dans nos discussions sur combien nous sommes bornés, sur notre intolerance envers les personnes qui sont différentes, ainsi que sur l'homophobie. Je crois que la discussion est une chose saine, nous en avons besoin de plus. Plus tôt la Lituanie s'ouvrira et sera plus tolérante, meilleur le pays s'en portera."