Sortir de soi pour atteindre quelque chose de plus grand, de plus haut. Un anniversaire qui exauce une première décennie d'histoire doit se fêter avec panache et ce fût le cas. La SweatLodge Party a encensé les nombreuses personnes à avoir répondu présentes. Avalanche de couleurs, costumes de champions, vibrations sonores en magma et jeux carnavalesques. Il y avait de quoi s'amuser sur le site de La Prévalaye...

Après le montage des chapiteaux et de l'ensemble des structures d'entresorts, l'équipe de la SweatLodge s'est accordée sur les derniers points d'organisation — tempo de la soirée — sans lesquels une soirée telle ne pourrait exister. En fin de journée samedi, on sentait la hâte monter et le sang s'échauffer... Une envie pressante que les festivités commencent. Les premières apparitions déguisées ont mis les cœurs à l'ouvrage : l'installation du site pour cette SweatLodge terminée, le temps est venu de lâcher la bride et d'amorcer les cartouches d'énergie pour vibrer toute la nuit.

SweatLodge

Quelques centaines de personnes se pressent devant l'entrée, sachant que les places restantes sont en quantité limitée et que seul un tiers de cette foule pourra rentrer dans l'enceinte. Certains sont là depuis 17h, déguisés et brûlants de voir les heures s'écouler jusqu'à 21h. Le ciel s'assombrit, la brise tombe et de ce coté des barrières, nous sommes également impatients de voir les jeunes fêtards s'amasser à l'intérieur.

L'entame se fait sous le grand chapiteau, avec le son rock stoner et bariolé de Machete. Les portes sont ouvertes, l'affluence est douce pour le moment. Les personnes découvrent la beauté du site, beaucoup de smiles sur les visages et des accoutrements farfelus en veux-tu, en voilà. Pas de civils ce soir, les costumes délurés sont de rigueur !

SweatLodge SweatLodge Le petit chapiteau commence à s'agiter, le Tropicool Paradise Bar fait couler la bière et le vin, le plateau des machines ressemblent à un espace de jeu intragalactique, un tableau de bord digne de l'Odysseus pour décoller dans une atmosphère electrodub démente. Le son se lance sur du reggae aux basses tonnantes, pour dévier perceptiblement vers une rythmique de plus en plus poussive. On se rend compte des premières heures qui filent par la concentration croissante de personnes au sein des chapiteaux et de la cour. La nuit a couvert le terrain, les lumières psyché des entresorts inondent la place, la guérite centrale symbolise le nœud névralgique entre les chapiteaux et les caravanes de jeux forains. Le grand chapiteau entonne son premier set techno tandis que les écrans lumineux qui encadrent la scène dévoilent un diaporama de photos des dix premières années de SweatLodge Party. SweatLodge

Les vraies hostilités circassiennes et orgiaques ont débuté aux alentours de minuit. Nuages de vibrations, transe techno en hutte majeure et extase tropicale en hutte mineure, quelque soit le timbre la sudation fonctionne à plein régime.

Avec Redux et Les Fantastiks — ainsi que les nombreux joueurs de tables de mixages présents — KRAK in DUB ou encore DiRty Bambi, ça envoyait de la basse sacrée et sacrément déjantée. Le flot qui a animé la fosse des chapiteaux s'est calé sur un mode tempête et vague furieuse. Belle entame de soirée, dont l'augure est sans ombrages. La Mailloche - entresort sweatlodgien par excellence – ou Machine à Orgueil est l'une des attractions qui ne voit pas son public décroître, au contraire... Voir Elvis, le Joker, ou Marie-Antoinette jouer de la masse sur une machine qui lance des flammes si tu frappes assez fort, c'est comme un rêve de gamin qui se réalise. D'autant que le maître de cérémonie porte un tutu rose pour tout habit, et semble avoir choisi la massue comme jeu favori !

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Tout autour, diverses ambiances accueillent des hurluberlus toujours plus friands de nouvelles sensations : La Katapulta où tu peux dégommer des figures médiatiques à coup de lance-pierres, Candy Love pour ajouter une touche de maquillage-paillettes-posca supplémentaire à ton déguisement, Prothèses saccharose aux sucreries dynamitées...

La FotoMob dévoile sa carrosserie et te prête sa meule, à condition de recevoir une tornade de confetti dans la face. Un peu plus loin se dresse un container dans lequel s'engouffre une vingtaine de personnes : Coup de Foudre, entresort mêlant l'électro à l'électrique dans une ambiance orageuse et frissonnante. Aristocrates façon 17ème siècle, vrai-faux superhéros, tigres ou pirates, tout un peuple sorti de l'imaginaire se retrouve dans cette foire aux délires.

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Soudain, le son electropical du petit chapiteau s'éteint. Celui du grand chapiteau tourne encore pour quelques minutes. Une Delorean PostModerne – R11 transformée pour l'occasion — parcourt le site avec nombre de personnes en son sein, vision 'madmaxienne' sans précédent. Les murmures disent que le moment est venu de sortir des chapiteaux et de se tourner vers l'extérieur.

La foule est grande, concentrique, c'est alors qu'une flamme surgit du toit de la guérite centrale, gigantesque et chaude, illuminant l'espace. Des cris de joie se laissent entendre : ce soir, c'est les 10 ans de la SweatLodge ! Pas étonnant que la bougie fêtant la première décennie prenne la forme d'un chalumeau géant ! Moment magique comme le point d'orgue d'une soirée où fusent de toutes parts des énergies sensibles et rayonnantes.

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On entre alors dans le vif du sujet : un set dément nous attend dans la « petite » hutte de sudation : Stand High Patrol - au complet - est hissé sur la scène, en face de qui les férus de rythmiques soutenues se compactent, s'assemblent, dansent à l'unisson. Impression puissante d'être à l'endroit et au moment optimum afin de ressentir à plein régime les vibrations saillantes de la musique dubadub. Les trois Musketeerz et leur trompettiste se sont lâchés pendant près de trois heures de set, et nous ont embarqués sur leur navire de sensations fortes.

Dans la fosse mouvante, les perruques volent, les têtes se balancent dangereusement, ça steppin' un maximum. Derrière eux, deux loustics des Fantastiks agrémentent les morceaux de scratch et de percussions, l'ensemble se met au diapason de l'electrodub enjoué, tout le monde se défoule et profite de ce moment magique. En face, dans le grand chapiteau, une autre ambiance est en train de se jouer : le bar du grand chapiteau est blindé et tourne en continu, les sets sont à la sauce techno et échelonnent des variances acid et trip-hop. L'énergie se déploie au regard de cette foule qui saute en cadence, la décharge de pulsions de vie est à l'honneur.

SweatLodge SweatLodge

Le jour approchant, quelques signes de fin de soirée se font sentir, des groupes de personnes se posent dans la cour, les chapiteaux désenflent de leur public doucement pendant que les bars ferment... Malgré cela, une bonne partie des joyeux lurons venus participer à cette SweatLodge Party continue de rire et de fanfaronner.

La Mailloche s'abat encore et quelques geysers de feu donnent l'indice que les forces ne sont pas toutes évacuées. La petite scène à ciel ouvert porte la flamme du son, encore, alors qu'un ciel gris apparaît au-dessus des têtes émerveillées. Les vinyles se posent et tournent, tandis que les derniers vaillants – nombreux - continuent de jouer, de s'amuser, de danser et font vivre ce show pour quelques dernières heures de fête déjantée.

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Cette première occurrence de SweatLodge Birthday Party a été à la hauteur des attentes et de la réputation que véhicule l'association de production depuis 2005. L'organisation et l'équipe ont géré cela comme des chefs, tandis que les participants se sont prêtés aux jeux du lâcher-prise et de l'amusement incontrôlé. Tout en transpirant quelque chose de bon enfant, une dose de fous rires, de cirque et de danse tribale entremêlées. Résultat : du génie et de l'extase.

Du rêve « grandeur nature » pour  humains, l'aventure de la SweatLodge réalise ce désir que nous avons tous eu un jour : ne jamais devenir adulte. Et putain, ça fait du bien !