Le rapport 2014 de la RIAA enregistrait une hausse des ventes de vinyles au plus haut depuis 1987 pour les États-Unis. Après des années de doute où l'on pensait qu'il allait disparaitre au détriment des CDs et MP3, le vinyle refait surface et en force. À tel point que, tout comme le baby boom post Seconde Guerre Mondiale, la première décennie du XXIème siècle se caractérise avant tout par un "vinyle boom".

Et en France, cela réjouit la société familiale des Moulages Plastiques de l'Ouest (MPO) qui existe depuis 1957. Désormais, c'est la première industrie française de pressage de vinyles : en 2014, elle tournait à 30.000 vinyles par jour, sept jours sur sept avec 14 presses. Fin juin dernier, elle annonçait dans une interview à Culturebox, l'augmentation de leur capacité à 40.000 vinyles en moyenne par jour (soit une hausse de 33%).

© MPO France

Mais malgré les restructurations des industries pour satisfaire ce nouvel appétit carnivore, la demande reste très forte et impose un rythme soutenu pour la satisfaire. Et encore plus lorsque le Disquaire Day français, copie du Record Store Day d'outre-Manche et d'outre-Atlantique, approche. Il est habituel qu'une commande précédant le mois d'avril aura plus du délais qu'une fois cette date passée. Car pour les disquaires, ce D-Day est l'équivalent du Noël des commerçants : d'après son fondateur David Godevais, il représente 10% de leur chiffre d'affaire annuel.

Disquaire-Day

Fredi, directeur commercial de MPO nous explique plus en détail ces délais : " Chez MPO, on a environ six semaines de délai. Le Disquaire Day rajoute une charge importante et presque une semaine en plus. Mais ça s'explique tout simplement par le fait qu'on continue à servir les indépendants que ce soit les particuliers comme les petits ou les gros labels (ndlr : comme Ninja Tunes ou encore Juno). On est l'une des dernières usines à proposer le pressage à 300 copies alors que beaucoup ne baissent pas en dessous de 500.

Pour réduire les délais, il y a deux solutions : soit on augmente la capacité de faire des presses, soit on arrête de travailler avec les indés pour favoriser les majors qui ont des commandes supérieures en terme de quantité."
Cette année, MPO a ajouté deux pressages en plus, passant ainsi de 14 à 16 pressages en tout et qui tournent 7j/7. L'entreprise prévoit d'ailleurs de facilement dépasser le seuil des 9 millions de pressages en 2015.
Soutenir les indépendants, ça à toujours été notre politique et ça le restera. Si on ne le fait pas, on les tue.

Les délais ont beau être longs et rallongés mais le constat est là : l’industrie du vinyle est au mieux depuis le début chaotique de ce siècle et le secteur s’adapte progressivement à ce « vinyle boom ». En espérant que les Trente Glorieuses nous attendent au bout.