Le 1er juillet 1985, la DEA, le service chargé de la mise en application de la loi sur les stupéfiants et de la lutte contre leur trafic aux États-Unis, bannissait l'ecstasy et plus particulièrement sa composante principale, la MDMA.


"Le vent a tourné pour la recherche psychédélique."

30 ans plus tard, ce même service semble revenir sur sa position. Les chercheurs ont confirmé à Al Jazeera America que la DEA vient de donner son feu vert aux premiers tests cliniques, initiés et financés par le Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies (MAPS), un groupe de recherche californien à but non lucratif qui étudie depuis plusieurs années les effets médicaux des drogues psychédéliques et de la marijuana.

Ces tests cliniques tenteront de définir si, dans un cadre contrôlé, la prise d'une dose pure de MDMA pourrait réduire ou non les sensations d'anxiété ressenties par des patients malades. Ils prendront place à Marin en Californie.

Brad Burge, le Directeur de la Communication de MAPS déclare à Al Jazeera America : "Durant l'essai, 18 personnes diagnostiquées comme étant atteintes de maladies mortelles suivront pendant plusieurs mois une psychothérapie, la MDMA sera utilisée pendant quelques sessions pour faciliter le processus. Le vent a tourné pour la recherche psychédélique."  

Ecstasy Pills

Les résultats dépendront du retour des patients et des évaluations des thérapeutes. Ils espèrent pour l'instant que la MDMA aidera les personnes à confronter leur situations individuelles de manière plus claire et faire un pas en avant durant leur thérapie. Le but principal reste avant tout d'établir une base de sécurité et d'efficacité mais si ces premiers essais s'avèrent être réussis, il y aura davantage d'études, de sujets et d'approches dans le futur.

Brad Burge déclare également qu'il existe un plan plus large de 20 millions de dollars pour que la MDMA soit approuvée par la Food and Drug Administration d'ici 2021. L'année dernière, des essais étaient également mis en place à Auckland pour traiter les acouphènes avec la MDMA. Et depuis plusieurs années, de nombreuses études se penchent également sur les effets de la Kétamine ou du LSD pour réduire les douleurs des personnes en phase terminale de cancer.