Quand on a demandé à la royale Paula Temple son jugement averti sur la place des femmes en 2015 dans le milieu de la musique électronique, elle a répondu par un haussement d'épaule agacé doublé d'un : "Doit-on vraiment parler de l'éléphant dans la pièce ?" Celle qui a déjà traversé 20 ans de musique électronique posait alors un constat sans appel : il n'y a pas eu la moindre évolution vers la parité dans cette scène. Que dalle. Niet.

Un constat déprimant, mais que des personnes, hommes et femmes, s'échinent tant bien que mal à changer. Parmi ses activistes, Female:Pressure tire son épingle du jeu : ce réseau/répertoire créé en 2005 regroupe les productrices de musique électronique et artistes digitaux du monde entier. L'un des combats du collectif, c'est redonner par l'image une place décente aux femmes du milieu. Car il y a avant tout un problème de représentation. Alors on retrouve sur leur Tumblr des femmes productrices, en photo et en action, histoire de (tenter de) modifier l'inconscient collectif. On vous conseille vivement de le parcourir, féministes ou pas, juste pour la découverte.

female pressure

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Female:Pressure vient en outre de diffuser une série de graphiques représentant la part des hommes (en vert, obviously) et celles des femmes dans les lieux phares de la musique électronique en 2014 : clubs, labels, festivals, etc. Et sans surprise, le vert colonise la grande majorité des camemberts : clubs-graphic-totalclubs-graphic-alllabels-graphic-total festivals-graphic-total

Ce que Female:Pressure poursuit à l'international, WMN (Women Multimedia Network) s'y attèle en France. Le réseau basé à Paris rassemble en son sein les femmes de la musique électronique et des arts digitaux, "créateur d'événements et diffuseur de culture". Même principe et même combat, WMN souhaite aussi accroître la visibilité de la création numérique feminine. 

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